Un rachat de crédit sur 20 ans, soit 240 mois, est l’une des durées les plus longues qu’un emprunteur puisse négocier. Elle n’est ni neutre ni accessible à tout le monde : peu d’organismes l’acceptent, et ceux qui le font exigent presque toujours une garantie hypothécaire.
Cette opération concerne typiquement un emprunteur propriétaire qui veut faire baisser une mensualité devenue trop lourde, en regroupant un prêt immobilier conséquent et plusieurs crédits à la consommation. L’allongement à 240 mois donne de l’oxygène, mais alourdit le coût total. Voici les conditions concrètes, les taux pratiqués en 2026, et ce qu’il faut surveiller avant de signer.
Comparez les organismes qui acceptent les durées de 240 mois. Sans inscription, sans impact bancaire, sans engagement.
Pourquoi le rachat sur 20 ans est une catégorie à part
Toutes les durées de rachat de crédit par durée n’ont pas la même mécanique. Sous 15 ans, on reste dans le rachat de crédits à la consommation classique. À partir de 20 ans, on bascule presque toujours dans une autre logique : celle du rachat hypothécaire, avec ses propres règles de garantie, de taux et d’éligibilité.
240 mois, soit la frontière du long terme
240 mois représente la durée plafond admise sans aller jusqu’au rachat immobilier pur (qui peut grimper à 25 ou 30 ans). Au-delà, on parle d’un montage immobilier complet, avec analyse de bien et expertise. Sur 240 mois, l’objectif principal d’une opération est rarement d’optimiser le coût : c’est de réduire la mensualité au point d’absorber une baisse de revenus, une séparation, ou un projet de trésorerie qui ne tiendrait pas sur une durée plus courte.
Concrètement, sur un capital de 150 000 €, passer d’une durée de 10 ans à un rachat de crédit sur 10 ans à 20 ans divise la mensualité par près de deux. Le revers : presque le double d’intérêts versés à l’organisme prêteur.
Rachat hypothécaire ou rachat conso : la règle des 60 %
Le Code de la consommation (article R314-19) distingue deux types d’opérations selon la part du prêt immobilier dans le total à regrouper. Si la part immo dépasse 60 %, l’opération relève du régime du crédit immobilier. Le taux appliqué est alors celui des prêts à l’habitat, plus bas que celui d’un rachat conso, et la durée peut s’étendre jusqu’à 240, 300 voire 360 mois selon le profil.
Si la part immo est sous 60 %, c’est un rachat de crédits à la consommation au sens légal. Sa durée maximale est plafonnée à 144 mois (12 ans) pour un locataire et 180 mois (15 ans) pour un propriétaire. Atteindre 240 mois sans prêt immobilier majoritaire suppose donc d’apporter une garantie hypothécaire sur un bien, ce qui requalifie l’opération.
L’organisme prêteur doit être un IOBSP (intermédiaire en opérations de banque et services de paiement) immatriculé à l’ORIAS et supervisé par l’ACPR. Vérifier le numéro ORIAS avant tout engagement reste la meilleure protection contre les pratiques douteuses.
Une opération moins fréquente, mais plus encadrée
Les rachats sur 240 mois représentent une part minoritaire du marché. Peu d’établissements généralistes les proposent en direct : la plupart passent par des organismes spécialisés (Solutis, Crédigo, BoursedesCrédits) ou des filiales bancaires dédiées. Cette rareté joue dans les deux sens : moins d’offres en concurrence, mais aussi un cadre d’instruction plus rigoureux, donc moins d’arnaques que sur le segment du micro-crédit en ligne.
À qui s’adresse un rachat de crédit sur 20 ans
Allonger un crédit à 240 mois engage l’emprunteur jusqu’à un horizon où beaucoup de paramètres bougent : carrière, retraite, état de santé, valeur du bien hypothéqué. Les organismes en tiennent compte et trient les profils dès l’étude du dossier.
Propriétaire avec un bien à hypothéquer : le profil type
C’est le candidat naturel. Un propriétaire dont le bien a une valeur expertisée supérieure au capital à racheter peut proposer une hypothèque, ce qui sécurise l’organisme et débloque l’accès au taux immobilier. Le ratio courant : la dette totale ne doit pas dépasser 70 % de la valeur du bien, marge gardée par le prêteur pour couvrir une éventuelle revente forcée.
Le statut professionnel pèse autant que le patrimoine. Un CDI, une fonction publique, ou un travailleur indépendant avec trois bilans bénéficiaires passe sans difficulté. Un CDD ou un intérim doit s’associer à un co-emprunteur stable.
Locataire ou hébergé : pourquoi 20 ans reste fermé
Un locataire qui regroupe uniquement des crédits à la consommation est plafonné à 12 ans légalement. Pour aller jusqu’à 20 ans, il lui faudrait soit posséder un bien locatif ailleurs, soit qu’un proche propriétaire accepte de cautionner l’opération via une hypothèque sur son propre bien (une pratique rare et juridiquement lourde).
Toute publicité promettant un rachat de crédit sur 20 ans pour locataire sans garantie est suspecte. La durée maximale réglementaire d’un rachat conso pur reste de 144 mois. Un locataire doit plutôt regarder du côté d’un rachat de crédit sur 12 ans ou d’un rachat de crédit sur 7 ans selon son niveau d’endettement.
Seniors propriétaires : jusqu’à 95 ans en fin de prêt
L’âge plafond admis varie selon le type d’opération. Pour un rachat de crédit conso classique, les organismes calent la fin du prêt à 75 ans. Avec une hypothèque ou un cautionnement solide, ce plafond grimpe à 85 ans. Et pour un rachat hypothécaire pur ou immobilier, la limite atteint 95 ans.
Un emprunteur de 75 ans propriétaire d’un bien expertisé peut donc encore obtenir un rachat sur 240 mois, à condition de présenter une retraite stable, une absence d’incident bancaire, et une assurance emprunteur acceptée. La loi Lemoine du 28 février 2022 a allégé une partie du parcours en supprimant le questionnaire de santé pour les prêts inférieurs à 200 000 € remboursés avant 60 ans, mais cette dispense ne couvre justement pas le profil senior, où la surprime d’assurance peut peser lourd.
Vérifiez votre éligibilité et obtenez un premier avis de faisabilité, sans engagement.
Combien coûte un rachat de crédit sur 20 ans en 2026
Le coût d’un rachat sur 240 mois se mesure sur deux dimensions : la mensualité allégée (le gain ressenti) et le coût total des intérêts (la facture finale). Les chiffres 2026 donnent une fourchette assez nette selon la garantie apportée.
Taux pratiqués selon la garantie apportée
Les barèmes constatés en avril 2026 donnent un TAEG minimum autour de 4,49 % pour un rachat avec garantie hypothécaire, et 5,06 % pour un rachat sans garantie. Ces taux concernent les meilleurs dossiers : revenus stables, faible endettement, comptes bien tenus. Pour un profil moyen, comptez 0,3 à 0,8 point au-dessus.
Sur un crédit immobilier neuf, le marché tourne plutôt autour de 3,26 % sur 20 ans (taux moyen mai 2026 selon les courtiers). L’écart de 1 à 1,5 point entre un crédit immo classique et un rachat hypothécaire reflète le coût du risque : un emprunteur qui demande un rachat le fait souvent dans un contexte budgétaire dégradé.
Mensualité par tranche de capital racheté
Voici les ordres de grandeur sur 240 mois, à 4,39 % TAEG hors assurance, pour les capitaux les plus courants en rachat hypothécaire.
| Capital racheté | Mensualité | Coût total des intérêts |
|---|---|---|
| 100 000 € | 627 € | 50 415 € |
| 150 000 € | 940 € | 75 622 € |
| 200 000 € | 1 253 € | 100 828 € |
| 250 000 € | 1 567 € | 126 037 € |
Les montants sont hors assurance emprunteur, qui ajoute généralement 0,15 % à 0,55 % par an du capital initial. Pour un emprunteur de 55 ans, l’assurance peut représenter à elle seule 15 à 25 % du coût total du crédit.
L’écart de coût total avec une durée plus courte
Pour 150 000 € à 4,39 %, passer de 15 ans à un rachat de crédit sur 15 ans à 20 ans abaisse la mensualité d’environ 200 € (de 1 140 € à 940 €), mais ajoute près de 20 000 € d’intérêts cumulés. Le calcul à se poser n’est pas « puis-je payer 940 € au lieu de 1 140 € ? », mais « ces 200 € mensuels valent-ils 20 000 € sur la durée ? ». Pour un foyer en tension réelle, oui. Pour un foyer qui cherche juste à se laisser de la marge, rarement.
Réussir sa demande sans tomber dans les pièges
Un rachat sur 240 mois suppose un dossier irréprochable. Les organismes refusent vite, et un dossier refusé laisse une trace côté Banque de France si la demande débouche sur une consultation du FICP. Mieux vaut anticiper qu’essuyer un refus.
Préparer son dossier avant tout incident
Le moment idéal pour demander un rachat se situe avant que les tensions budgétaires ne se traduisent par des découverts, des rejets de prélèvement ou un fichage FICP. Une fois un incident inscrit à la Banque de France, l’accès à un rachat hypothécaire devient marginal : seuls quelques organismes spécialisés acceptent ces dossiers, et à des taux nettement plus élevés.
Les pièces réclamées sont classiques : trois derniers relevés bancaires sans incident, deux derniers avis d’imposition, contrats de prêt et tableaux d’amortissement à jour, justificatif de domicile, titre de propriété pour les propriétaires, et bulletins de salaire ou bilans pour les indépendants.
Comparer le TAEG, pas la mensualité
L’erreur la plus fréquente consiste à comparer deux offres uniquement sur la mensualité affichée. Une mensualité plus basse peut cacher une durée allongée, des frais de garantie élevés, ou une assurance gonflée. Le seul indicateur sincère est le TAEG : il intègre le taux nominal, les frais de dossier, les frais de garantie hypothécaire et l’assurance emprunteur obligatoire. Deux offres au même TAEG sur la même durée coûteront le même prix au final, quel que soit le détail de leurs lignes.
Anticiper les frais annexes
Sur un rachat hypothécaire, trois postes de frais s’additionnent au capital racheté. Les frais d’hypothèque représentent environ 1,5 % à 2 % du montant emprunté (taxe de publicité foncière, émoluments du notaire, contribution de sécurité immobilière). Les frais de dossier oscillent entre 0 € et 1 500 € selon l’organisme. Et les indemnités de remboursement anticipé dues à l’ancienne banque sont plafonnées à 6 mois d’intérêts ou 3 % du capital restant dû, le montant le plus faible étant retenu.
Le piège de la trésorerie supplémentaire
Beaucoup d’organismes proposent d’ajouter une enveloppe de trésorerie libre (travaux, voiture, projet personnel) au capital racheté. C’est tentant : la mensualité ne change quasiment pas, et l’argent est immédiatement disponible. Le coût caché est mécanique. Ajouter 15 000 € de trésorerie sur 20 ans à 4,39 % coûte environ 7 500 € d’intérêts. Cette enveloppe a du sens pour financer des travaux qui valorisent le bien hypothéqué. Elle n’en a pas pour racheter une voiture qui sera revendue dans 7 ans.
Depuis la loi Lemoine de juin 2022, vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment sur un rachat de crédit immobilier, sans frais ni date anniversaire. Une délégation d’assurance après signature peut faire économiser plusieurs milliers d’euros sur 20 ans, particulièrement pour les profils de plus de 50 ans.
Si l’opération vise surtout à éponger plusieurs crédits conso accumulés, un rachat de crédit sur 5 ans reste plus économique. La durée de 240 mois ne se justifie que quand le capital est élevé et qu’un bien immobilier sécurise l’opération.
Notre simulateur calcule l’écart entre vos mensualités actuelles et la meilleure offre de rachat hypothécaire du marché.
Questions fréquentes
Peut-on faire un rachat de crédit sur 20 ans en étant locataire ?
Sauf situation très particulière, non. La durée maximale d’un rachat de crédits à la consommation pour un locataire est de 144 mois, soit 12 ans. Pour atteindre 240 mois, il faut une garantie hypothécaire sur un bien immobilier. Un locataire qui ne possède aucun bien doit donc viser une durée plus courte, ou attendre d’accéder à la propriété.
Quel âge limite pour un rachat de crédit sur 240 mois ?
L’âge plafond accepté en fin de prêt varie selon la garantie. Sans garantie, il s’arrête à 75 ans. Avec hypothèque ou cautionnement, il monte à 85 ans. Pour un rachat hypothécaire ou immobilier pur, certains organismes vont jusqu’à 95 ans en fin de prêt. Un emprunteur de 75 ans propriétaire peut donc encore demander un rachat sur 20 ans, sous réserve de l’acceptation de l’assurance emprunteur.
Combien de temps prend un rachat de crédit sur 20 ans ?
Comptez en moyenne 6 à 10 semaines entre le dépôt du dossier complet et le déblocage des fonds. La mise en place d’une hypothèque allonge le délai, car elle suppose un passage chez le notaire. Un délai légal de réflexion de 10 jours minimum s’applique après réception de l’offre de prêt, pendant lequel l’emprunteur ne peut pas signer, même s’il le souhaite.
Peut-on inclure une trésorerie dans un rachat sur 20 ans ?
Oui, la plupart des organismes acceptent une enveloppe de trésorerie libre intégrée au rachat. Le montant accordé dépend de la valeur du bien hypothéqué et de la capacité d’endettement résiduelle. La trésorerie suit le taux du rachat, généralement plus avantageux qu’un crédit conso classique. Attention : étalée sur 240 mois, une trésorerie modeste génère un coût d’intérêts important.
Peut-on rembourser un rachat de crédit sur 20 ans par anticipation ?
Oui, le remboursement anticipé est toujours possible, partiel ou total. L’organisme peut appliquer des indemnités plafonnées légalement à 3 % du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, le montant le plus faible étant retenu. Certains contrats prévoient une exonération en cas de vente du bien suite à mutation professionnelle, décès ou cessation d’activité non volontaire.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Conditions soumises à étude et acceptation du dossier par l’organisme prêteur.