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Peut-on avoir deux crédits immobiliers en même temps ? La règle des 35 %

Oui, rien n’interdit de détenir deux crédits immobiliers en même temps. Aucune loi ne fixe de plafond sur le nombre de prêts qu’un emprunteur peut souscrire. La vraie barrière se situe ailleurs.

Elle s’appelle le taux d’endettement, plafonné à 35 % depuis 2022. Tant que vos charges de crédit restent sous ce seuil, une banque peut financer un second achat. Reste à comprendre comment elle additionne vos deux prêts, et pourquoi vos loyers ne comptent pas comme vous l’imaginez.

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TAUX D’ENDETTEMENT
35 %
plafond HCSF, assurance incluse
LOYERS RETENUS
70 %
des revenus locatifs
DURÉE MAX
25 ans
par crédit immobilier

Aucun texte ne limite le nombre de prêts immobiliers détenus simultanément. Vous pouvez en avoir deux, trois ou davantage, dans la même banque ou dans des établissements différents. Le seul juge reste votre capacité de remboursement, pas un quelconque compteur réglementaire.

Aucune loi ne plafonne le nombre de prêts

Le cumul de deux financements porte un nom dans le jargon bancaire : les prêts gigognes. La pratique est légale et courante. Elle concerne aussi bien deux biens distincts qu’un seul achat financé par plusieurs lignes de crédit, comme un prêt classique adossé à un prêt à taux zéro.

Pour bien cadrer le sujet, mieux vaut d’abord comprendre les modalités d’un crédit immobilier avant d’en empiler deux. La logique d’analyse reste identique : votre dossier est examiné dans sa globalité, jamais prêt par prêt.

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À SAVOIR

Il n’existe aucun fichier centralisé des crédits immobiliers en cours. Le FICP tenu par la Banque de France recense uniquement les incidents de remboursement, pas vos prêts sains. Une banque découvre vos engagements via vos relevés et votre déclaration.

Pourquoi un investissement locatif passe mieux qu’une résidence secondaire

Toutes les secondes acquisitions ne se valent pas aux yeux du prêteur. Un second crédit destiné à un investissement locatif rassure davantage : les loyers attendus constituent une garantie de remboursement. La banque intègre une partie de ces revenus futurs dans son analyse.

À l’inverse, un second prêt pour une résidence secondaire pèse comme une charge pure, sans recette en face. Les banques se montrent alors plus exigeantes, car le risque grimpe sans contrepartie de revenus. Le profil et l’apport deviennent décisifs.

La seule vraie limite : le taux d’endettement de 35 %

Si la loi n’interdit pas le cumul, elle encadre strictement votre capacité d’emprunt. Depuis 2022, deux verrous s’imposent à toutes les banques françaises. Ils s’appliquent à vos deux crédits réunis, jamais séparément.

Ce que le HCSF impose depuis 2022

Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) fixe deux règles contraignantes depuis le 1ᵉʳ janvier 2022. Le taux d’effort ne peut excéder 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. La durée d’un crédit est plafonnée à 25 ans, portée à 27 ans pour un achat en VEFA ou un ancien avec travaux dépassant 10 % du montant.

Concrètement, additionnez les mensualités de vos deux prêts immobiliers. Si le total dépasse 35 % de vos revenus, le second financement bloque. C’est cette barre, et non le nombre de crédits, qui décide. Les taux d’intérêt du crédit immobilier en 2026 influent directement sur le poids de ces mensualités.

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ATTENTION

Les banques disposent d’une marge de dérogation sur 20 % de leur production trimestrielle. Mais cette flexibilité vise d’abord la résidence principale, dont 30 % pour les primo-accédants. La proposition de loi Causse, qui voulait remplacer le seuil par le reste à vivre, a été retirée fin avril 2026. Le 35 % reste la règle.

Le saut de charge et le reste à vivre, les critères cachés

Au-delà du pourcentage, la banque scrute deux indicateurs moins connus. Le saut de charge mesure l’écart entre votre logement actuel et la future mensualité du second prêt. Plus il est faible, plus votre dossier rassure, car vous prouvez que votre budget absorbe déjà une charge proche.

Le reste à vivre correspond à la somme disponible une fois toutes les mensualités payées. Sans définition juridique stricte, il s’apprécie au cas par cas. Les seuils observés tournent autour de 700 à 1 000 € par adulte et 300 à 500 € par enfant. Un reste à vivre trop mince motive souvent un refus, même sous la barre des 35 %.

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Comment la banque calcule réellement vos deux crédits

Beaucoup d’emprunteurs croient que les loyers d’un investissement annulent la nouvelle mensualité. La réalité est plus sévère depuis une réforme de 2022. Comprendre ce calcul évite de bâtir un projet sur une capacité d’emprunt fantôme.

La fin du calcul différentiel

Jusqu’en 2021, certaines banques utilisaient le calcul différentiel. Cette méthode isolait l’opération locative : on soustrayait les loyers des mensualités du bien, ce qui affichait un taux d’endettement artificiellement bas. Un investisseur multipliait ainsi les acquisitions plus facilement.

Le HCSF a interdit cette pratique au 1ᵉʳ janvier 2022. Désormais, toutes les banques appliquent le calcul classique, dit globalisé. Vos deux mensualités s’additionnent au numérateur, vos revenus au dénominateur. Le résultat grimpe vite, surtout avec un premier crédit déjà en cours.

Les loyers pondérés à 70 %

La banque n’intègre pas la totalité des loyers attendus. Elle en retient en général 70 %, pour anticiper la vacance locative, les impayés et les charges. Quelques établissements montent à 80 ou 90 % sur un dossier solide, mais cela reste l’exception.

Pour un bien encore à louer, la banque réclame des estimations de loyer émanant de plusieurs agences, et retient la plus basse. Voici l’effet concret sur la capacité d’un investisseur sans crédit en cours.

Élément Montant
Salaire net mensuel 3 500 €
Loyer futur du bien locatif 900 €
Loyers retenus par la banque (70 %) 630 €
Revenus pris en compte 4 130 €
Mensualité maximale (35 %) 1 445 €

Avant de signer, un passage par un simulateur de crédit immobilier hypothécaire chiffre cette marge précisément. Pour diversifier sans acheter en direct, la SCPI à crédit reste une porte d’entrée, soumise aux mêmes règles d’endettement.

Le lissage de prêts, possible uniquement dans la même banque

Quand deux mensualités se chevauchent, le lissage permet de verser une échéance unique et stable. Le prêteur répartit la somme entre les deux crédits selon leur calendrier. L’opération évite les pics de remboursement gênants pour le budget.

Une condition bloque toutefois : le lissage n’est réalisable que si un seul établissement gère les deux prêts. C’est l’argument principal pour souscrire ses deux financements au même endroit, malgré la tentation de comparer ailleurs.

Conditions, frais et pièges à anticiper

Décrocher un accord de principe ne suffit pas. Le cumul génère des coûts dupliqués et quelques chausse-trappes que les emprunteurs découvrent souvent trop tard. Les anticiper renforce le dossier et la marge de négociation.

Les frais qui doublent

Deux crédits signifient deux fois certains frais : frais de dossier, assurance emprunteur, et parfois garantie ou frais de notaire en cas d’hypothèque. L’assurance pèse particulièrement lourd dans le calcul des 35 %, puisqu’elle entre dans le taux d’effort.

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À RETENIR

Au moment du second prêt, demandez la renégociation de votre crédit immobilier en cours. La banque accepte souvent, par crainte de vous voir partir. Surveillez les indemnités de remboursement anticipé, plafonnées à 3 % du capital restant dû ou six mois d’intérêts.

Booster son dossier pour un second crédit

Plusieurs leviers font repasser un taux d’endettement sous la barre. Un apport renforcé réduit le capital emprunté et la mensualité. Changer d’assurance grâce à la loi Lemoine de 2022, résiliable à tout moment, allège le coût total et le taux d’effort.

Le remboursement anticipé du crédit immobilier existant libère aussi de la capacité d’un coup. Enfin, allonger la durée du nouveau prêt jusqu’au plafond de 25 ans baisse la mensualité, au prix d’intérêts cumulés plus élevés.

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Questions fréquentes

Peut-on avoir deux crédits immobiliers dans deux banques différentes ?

Oui, c’est autorisé. Chaque banque analyse votre dossier de façon autonome, mais découvre vos engagements via vos relevés de compte et votre déclaration. Cacher un crédit existant constitue une fausse déclaration. L’inconvénient majeur reste l’impossibilité de lisser les deux prêts, opération réservée à un établissement unique.

Peut-on cumuler un PTZ avec un prêt immobilier classique ?

Oui. Le prêt à taux zéro se cumule presque toujours avec un crédit principal pour financer une résidence principale. Sans intérêt, ce prêt aidé est réservé aux primo-accédants sous conditions de ressources. Les deux lignes sont alors montées ensemble par la banque, avec une mensualité globale à respecter sous 35 %.

Combien de crédits immobiliers peut-on avoir au maximum ?

Aucun maximum légal n’existe. Un investisseur peut détenir trois, quatre crédits ou plus, tant que l’ensemble de ses mensualités reste sous le taux d’endettement de 35 %. En pratique, c’est la capacité de remboursement, le reste à vivre et la solidité du patrimoine qui fixent la vraie limite.

Que faire si la banque refuse le second crédit ?

Plusieurs options s’ouvrent. Sollicitez la marge de dérogation de 20 % réservée aux meilleurs dossiers, augmentez l’apport, ou allongez la durée jusqu’à 25 ans. Comparer plusieurs établissements reste payant, car les politiques internes varient fortement. Un regroupement de vos crédits actuels peut aussi rouvrir une capacité d’emprunt.

Deux crédits immobiliers et séparation, qui rembourse quoi ?

En cas de rupture, les co-emprunteurs restent solidaires des deux prêts tant qu’aucune désolidarisation n’est actée. L’un peut racheter la part de l’autre, ou les biens sont vendus. Les enjeux liés à la séparation et au crédit immobilier méritent un point précis avec la banque et un notaire.

Conditions soumises à étude et acceptation du dossier par l’organisme prêteur. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.