Le tableau d’amortissement d’un rachat de crédit liste, ligne par ligne, ce que contient chaque mensualité : la part de capital remboursé, la part d’intérêts et le capital restant dû après paiement. C’est le document qui transforme une promesse de mensualité allégée en chiffres vérifiables.
Dans une opération de regroupement, ce tableau joue un double rôle. Vous fournissez d’abord les échéanciers de vos prêts en cours, puis l’organisme vous remet un nouveau tableau joint à l’offre. Bien le lire évite de signer un rachat qui baisse la mensualité tout en alourdissant la facture finale.
Voici comment il se construit, comment le recalculer et quoi y vérifier avant de vous engager. Pour le cadre général, partez de notre page sur comprendre les conditions du rachat de crédit.
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À quoi sert le tableau d’amortissement dans un rachat
Le tableau d’amortissement, aussi appelé échéancier ou plan de remboursement, décrit le déroulé complet du prêt avant même la première mensualité. Dans un rachat, il sert deux fois : pour analyser l’existant, puis pour valider la nouvelle offre.
Ce que contient l’échéancier, colonne par colonne
Un tableau standard tient en cinq colonnes : le numéro ou la date de l’échéance, la mensualité totale, la part d’intérêts, le capital amorti et le capital restant dû après paiement. Une sixième colonne apparaît quand l’assurance est intégrée à la mensualité.
La logique est mécanique. Les intérêts de chaque mois se calculent sur le capital encore dû. Ce qui reste de la mensualité, une fois les intérêts payés, rembourse le capital. Le solde baisse, et avec lui les intérêts du mois suivant.
Le double usage propre au regroupement
Avant la demande, vous rassemblez les échéanciers de chaque crédit à racheter. Ils donnent le capital restant dû, le taux et la durée résiduelle de chaque ligne. Ces pièces figurent parmi les documents nécessaires au rachat de crédit.
Une fois l’accord obtenu, l’organisme joint un nouveau tableau à l’offre de prêt. Cet échéancier unique remplace tous les anciens. C’est lui qui sert de référence sur toute la durée du regroupement.
L’article L.312-8 du code de la consommation impose la remise d’un tableau d’amortissement dans l’offre de prêt. Seuls les crédits à taux variable y échappent, car l’échéancier ne peut pas y être figé d’avance.
Comment se calcule un tableau d’amortissement
Trois paramètres suffisent à tout reconstruire : le montant regroupé, le taux et la durée. Le reste découle de deux formules appliquées mois après mois.
La formule de la mensualité constante
La quasi-totalité des rachats fonctionne à mensualité constante. Le calcul est : M = C × t / (1 − (1 + t)^−n). Ici C désigne le capital, t le taux mensuel (le taux annuel divisé par douze) et n la durée en mois.
Le taux qui entre dans ce calcul dépend de votre profil et du type de regroupement. Notre page sur le taux d’intérêt du rachat de crédit détaille les écarts entre dominante consommation et dominante immobilière.
Intérêts, capital amorti et solde, ligne par ligne
Les intérêts d’une échéance se calculent toujours sur le capital restant dû, jamais sur le montant initial. Formule : intérêts du mois = capital restant dû × (taux annuel / 12). C’est ce qui fait baisser la part d’intérêts au fil du temps.
Pour chaque ligne, le capital amorti est simplement la mensualité moins les intérêts. Le nouveau capital restant dû est l’ancien solde moins ce capital amorti. On recommence à la ligne suivante avec le solde mis à jour.
Sur 120 000 € à 4,5 % sur quinze ans, la première mensualité avoisine 918 €. Environ 450 € partent en intérêts, le reste rembourse du capital. Une calculette de rachat de crédit automatise ces lignes en quelques secondes.
Pourquoi les intérêts dominent au début
En début de remboursement, le capital dû est à son maximum, donc les intérêts aussi. La part de capital amorti reste faible. À mesure que le solde baisse, l’équilibre s’inverse. Vers la fin, presque toute la mensualité rembourse du capital.
Cette mécanique a une conséquence directe sur le rachat. Plus vous rachetez tôt dans la vie d’un prêt, plus la part d’intérêts encore à payer est élevée. C’est souvent là que l’opération a le plus de sens.
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Lire son tableau pour décider d’un rachat
Un tableau d’amortissement ne dit pas seulement combien vous payez. Il permet de chiffrer si le regroupement vous fait gagner ou perdre de l’argent sur la durée totale.
Comparer le coût résiduel actuel et le coût du nouveau prêt
Première étape : le coût restant de vos crédits actuels. Multipliez chaque mensualité par le nombre de mois restants, puis retranchez le capital restant dû. La somme donne les intérêts qu’il vous reste à payer sans rien changer.
Deuxième étape : le coût du rachat. Multipliez la nouvelle mensualité par sa durée, retranchez le capital prêté, ajoutez les frais. Un comparateur de rachat de crédit met ces deux totaux face à face.
L’effet de l’allongement de la durée
Baisser la mensualité passe presque toujours par un allongement de la durée. Le confort mensuel est réel, mais chaque année ajoutée gonfle les intérêts. L’exemple ci-dessous porte sur 120 000 € regroupés à un TAEG indicatif de 4,5 %.
| Durée du rachat | Mensualité estimée | Coût total des intérêts |
|---|---|---|
| 12 ans (144 mois) | 1 080 € | ≈ 35 500 € |
| 15 ans (180 mois) | 918 € | ≈ 45 200 € |
| 20 ans (240 mois) | 759 € | ≈ 62 200 € |
| 25 ans (300 mois) | 667 € | ≈ 80 100 € |
Passer de douze à vingt-cinq ans réduit la mensualité de près de 40 %, mais multiplie les intérêts payés par plus de deux. La mensualité seule ne suffit donc jamais à juger une offre de regroupement.
La notion de point mort
Le rachat implique des frais : indemnités de remboursement anticipé, dossier, garantie. Le point mort se calcule en divisant ces frais par l’économie mensuelle. Avec 3 000 € de frais et 350 € gagnés par mois, il faut environ neuf mois pour rentabiliser l’opération.
Avant ce seuil, le rachat coûte plus qu’il ne rapporte. L’opération n’a d’intérêt que si vous conservez le nouveau prêt bien au-delà de ce point mort.
Les pièges à surveiller sur le tableau de rachat
Le tableau final ne se résume pas à la mensualité affichée. Plusieurs lignes méritent une vérification attentive avant de signer l’offre.
Les frais qui n’apparaissent pas dans la mensualité
Les frais annexes ne figurent pas dans l’échéancier mensuel, mais ils pèsent sur le coût réel. Comptez les IRA, les frais de dossier, parfois une garantie. Pour un regroupement à dominante immobilière, ajoutez les notre article sur les frais de levée d’hypothèque.
Les IRA sont plafonnées à 6 mois d’intérêts ou 3 % du capital restant dû, le montant le plus bas s’appliquant (article R.313-25 du code de la consommation). Certains contrats prévoient une exonération après une date donnée : vérifiez la clause avant de solder.
Vérifier la cohérence du capital restant dû
Sur le nouveau tableau, le capital restant dû doit baisser de façon régulière à chaque ligne. Une rupture, une assurance qui varie sans raison ou un solde qui ne correspond pas à la somme rachetée justifie une demande de correction.
Le tableau engage l’organisme. Tant qu’il n’est pas conforme à ce qui vous a été présenté à l’oral, rien ne vous oblige à signer l’offre de prêt.
Notre simulateur chiffre l’écart entre vos mensualités actuelles et la meilleure offre de rachat, frais compris.
Questions fréquentes
Le tableau d’amortissement est-il obligatoire dans un rachat de crédit ?
Oui. L’article L.312-8 du code de la consommation impose sa présence dans l’offre de prêt remise par l’organisme. Vous devez aussi fournir les tableaux de vos crédits en cours pour monter le dossier. Seuls les prêts à taux variable échappent au tableau figé d’avance.
Comment calculer soi-même son tableau d’amortissement ?
Trois données suffisent : le capital, le taux et la durée. La mensualité se calcule avec la formule du prêt à mensualité constante. Ensuite, chaque ligne se déduit en deux temps : les intérêts égalent le capital restant dû fois le taux mensuel, et le capital amorti est la mensualité moins ces intérêts. Un tableur ou une calculette en ligne automatise tout.
Pourquoi paie-t-on plus d’intérêts au début du remboursement ?
Parce que les intérêts se calculent sur le capital restant dû, et ce capital est maximal au démarrage. La part d’intérêts est donc élevée, celle de capital faible. L’équilibre s’inverse progressivement. C’est pour cette raison qu’un rachat est souvent plus pertinent en début de prêt qu’à quelques années de la fin.
Un rachat de crédit augmente-t-il toujours le coût total ?
Le plus souvent oui, car la baisse de mensualité passe par un allongement de la durée. Le coût total des intérêts grimpe alors, même si le budget mensuel s’allège. Le cas où le coût total diminue existe, mais reste rare : il suppose un écart de taux important et un capital restant dû élevé.
Où trouver le capital restant dû de mes crédits actuels ?
Sur le tableau d’amortissement de chaque prêt, à la ligne correspondant à la dernière échéance payée. Vous pouvez aussi demander une attestation de capital restant dû ou un décompte de remboursement anticipé à chaque créancier. Ce décompte intègre les éventuelles indemnités.
Conditions soumises à étude et acceptation du dossier par l’organisme prêteur. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.