Organismes de rachat de crédit : qui décide vraiment du sort de votre dossier

La plupart des emprunteurs qui cherchent un organisme de rachat de crédit commencent par contacter leur banque. C’est logique. C’est aussi, dans la majorité des cas, la façon la plus inefficace de procéder. Non pas que les banques soient incompétentes, mais parce qu’elles ne traitent quasiment jamais les dossiers elles-mêmes. Elles les transmettent à des filiales spécialisées dont vous n’entendrez probablement jamais le nom. Et c’est là que ça se complique : selon que vous êtes locataire ou propriétaire, fonctionnaire ou indépendant, en dessous ou au-dessus de 15 000 € de capital à regrouper, vous ne vous adressez pas aux mêmes acteurs, et les règles changent du tout au tout. Les comparateurs en ligne et les avis généralistes noient cette réalité dans une liste d’organismes présentés comme interchangeables. Ils ne le sont pas. Cet article décortique qui fait quoi, pour quel profil, et surtout à quel prix réel.

Votre banque ne fait pas de rachat de crédit (elle transfère votre dossier)

Quand un emprunteur demande un rachat de crédit à sa banque, il imagine que son conseiller va étudier le dossier, décider d’un taux et lui faire une offre. La réalité du circuit est radicalement différente.

Chaque grande banque passe par une filiale spécialisée que vous ne verrez jamais

Le Crédit Agricole ne traite pas le rachat de crédit dans ses agences. Il transfère les dossiers à CréditLift Courtage, sa filiale dédiée au regroupement de prêts. BNP Paribas fait de même avec Sygma by BNP Paribas Personal Finance. La Société Générale s’appuie sur CGI Finance. Le groupe BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Épargne) centralise via BPCE Financement. Le Crédit Mutuel Arkéa opère à travers le CFCAL. Ces filiales sont des établissements de crédit à part entière, avec leurs propres grilles de scoring, leurs propres seuils de tolérance au risque et leurs propres politiques commerciales. Elles n’ont ni agences ouvertes au public, ni accueil physique. Tout passe par le dossier transmis, soit par le réseau bancaire, soit par un courtier mandaté.

Pourquoi votre conseiller bancaire n’a aucun pouvoir de décision sur l’acceptation

Votre conseiller en agence joue un rôle de collecteur. Il rassemble vos pièces justificatives, vérifie la cohérence de votre demande et transmet le tout à la filiale concernée. C’est un analyste risque, que vous ne rencontrerez jamais, qui décide de l’acceptation ou du refus. Le conseiller n’a pas accès aux critères de scoring précis de la filiale, ne peut pas négocier le taux à votre place, et ne reçoit souvent qu’un retour binaire : accepté ou refusé. Si vous êtes client depuis vingt ans et que votre dossier est refusé, votre conseiller ne pourra rien y changer. Cette opacité est structurelle : les filiales de rachat sont des entités autonomes dans l’organigramme du groupe, et elles appliquent leurs propres ratios sans tenir compte de la relation commerciale entre le client et son agence.

La confusion entre renégociation interne et vrai rachat de crédit

Quand votre banque vous propose de « réaménager » vos crédits en interne, il ne s’agit pas d’un rachat de crédit au sens réglementaire du terme. Une renégociation consiste à modifier les conditions d’un prêt existant (taux, durée, mensualité) sans créer un nouveau contrat. Le rachat, lui, implique qu’un nouvel organisme solde vos anciens crédits et vous accorde un prêt unique avec de nouvelles conditions. La distinction n’est pas théorique : un réaménagement interne n’apparaît pas comme une nouvelle opération de financement, ne déclenche pas les frais liés au rachat (indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier, éventuelle mainlevée hypothécaire) mais ne vous donne pas non plus accès à la mise en concurrence. Si votre banque vous propose un « regroupement » sur un petit montant en crédit consommation avec une durée courte, il y a de fortes chances que ce soit un réaménagement déguisé, pas un vrai rachat.

Banques traditionnelles : un accès facile, des conditions rarement optimales

Les grandes banques de réseau proposent toutes le rachat de crédit, au moins sur le papier. Mais leur positionnement réel, leur filiale de traitement et leur capacité à accepter les dossiers complexes varient fortement d’un groupe à l’autre.

Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale : ce que chacune délègue et à qui

Le Crédit Agricole s’appuie sur CréditLift pour le rachat de crédits à la consommation comme pour les opérations mixtes incluant un crédit immobilier. CréditLift est l’un des rares acteurs à couvrir les deux segments depuis une même filiale, ce qui simplifie le traitement des dossiers hybrides. BNP Paribas passe par Sygma (devenu BNP Paribas Personal Finance), positionné sur tous les types de rachats. C’est l’un des organismes les plus actifs du marché, avec un volume de dossiers élevé, mais des critères d’acceptation qui restent alignés sur les standards du groupe. La Société Générale opère via CGI Finance, spécialisé dans le rachat conso et hypothécaire. CGI est réputé pour une analyse fine des dossiers propriétaires, mais moins accessible pour les profils locataires à faibles revenus.

Caisse d’Épargne, LCL, La Banque Postale : des offres limitées au rachat conso

La Caisse d’Épargne propose le rachat de crédit à la consommation via BPCE Financement, mais son positionnement sur le rachat hypothécaire est beaucoup plus restreint. Les dossiers incluant un prêt immobilier sont généralement étudiés au cas par cas, avec des critères d’acceptation nettement plus stricts. LCL intervient sur le rachat conso et hypothécaire, mais son réseau d’agences reste dimensionné pour la banque de détail, pas pour le traitement massif de dossiers de restructuration. La Banque Postale propose un rachat de crédit consommation accessible, souvent sur des montants modérés et des durées encadrées. Pour des opérations supérieures à 50 000 € ou intégrant plusieurs prêts immobiliers, ces trois banques orientent fréquemment les emprunteurs vers des organismes spécialisés externes.

Crédit Mutuel, Banque Populaire, CIC : les réseaux mutualistes et leurs contraintes internes

Le Crédit Mutuel et le CIC partagent une architecture commune mais pas une politique de risque unifiée. Le Crédit Mutuel Arkéa dispose du CFCAL, l’un des organismes spécialisés les plus reconnus du marché du rachat hypothécaire. Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale (qui inclut le CIC) n’a pas d’équivalent aussi puissant pour le regroupement de crédits. En pratique, un client CIC n’accède pas aux mêmes conditions qu’un client Crédit Mutuel Arkéa. La Banque Populaire passe par BPCE Financement, partagé avec la Caisse d’Épargne. Son positionnement reste centré sur le rachat conso, avec un accès limité aux opérations complexes. Le fonctionnement mutualiste ajoute une couche de décision locale : chaque caisse régionale peut appliquer des critères plus ou moins restrictifs, ce qui crée des disparités géographiques que les comparateurs ignorent totalement.

Ce que la fidélité client vous fait gagner (et perdre) face à un organisme concurrent

Être client historique d’une banque facilite la constitution du dossier. Votre conseiller a accès à votre historique de comptes, vos revenus, vos habitudes de gestion. Le processus est plus rapide à initier. Mais cette familiarité a un revers : votre banque connaît aussi vos découverts, vos rejets de prélèvements, vos crédits renouvelables en cours. Un organisme concurrent ne verra que les pièces que vous lui transmettez, et un bon courtier saura présenter votre dossier sous l’angle le plus favorable. L’autre piège de la fidélité, c’est l’absence de mise en concurrence. Si vous ne consultez que votre banque, vous n’aurez qu’une seule offre, celle de sa filiale dédiée. Aucune garantie qu’il s’agit du meilleur taux, de la meilleure durée, ou du coût total le plus faible.

Organismes spécialisés : les vrais opérateurs du marché du rachat

Les filiales dédiées au rachat de crédit traitent l’essentiel des dossiers en France. Ce sont elles qui fixent les taux, acceptent ou refusent les demandes, et portent le risque de financement.

Pourquoi les spécialistes acceptent un endettement à 50 % quand votre banque refuse à 35 %

Une banque de réseau applique la règle du taux d’endettement maximal à 33-35 % comme un seuil quasi absolu. Les organismes spécialisés raisonnent différemment. Leur critère central est le reste à vivre après paiement de la nouvelle mensualité, pondéré par la composition du foyer. Un emprunteur à 48 % d’endettement mais avec un reste à vivre de 1 200 € par personne peut être accepté par un spécialiste, alors qu’il serait automatiquement rejeté par une agence bancaire classique. Cette souplesse a un prix : les spécialistes imposent souvent une garantie hypothécaire pour sécuriser les dossiers à fort endettement, et les taux proposés sont ajustés au risque. Plus votre profil est tendu, plus le taux sera élevé. Mais entre un refus sec et un rachat à taux majoré qui évite le surendettement, le calcul mérite d’être posé.

CFCAL, Créatis, CGI, CréditLift, Sygma : la carte d’identité de chaque filiale et son positionnement réel

Le CFCAL (filiale du Crédit Mutuel Arkéa) est l’un des rares organismes à traiter massivement le rachat hypothécaire pour les propriétaires avec des profils complexes. C’est un acteur incontournable pour les dossiers au-dessus de 80 000 €. Créatis (groupe Cofidis) est positionné sur le rachat conso, propriétaires comme locataires, avec une capacité à traiter des dossiers à endettement modéré. CGI Finance (Société Générale) couvre le rachat conso et hypothécaire, avec un positionnement intermédiaire entre la rigueur bancaire et la souplesse des spécialistes purs. CréditLift (Crédit Agricole) offre une couverture large, du rachat conso au regroupement mixte, et bénéficie de la puissance du réseau Crédit Agricole pour le sourcing de dossiers. Sygma (BNP Paribas Personal Finance) accepte tous types de rachats et dispose d’un volume de traitement parmi les plus importants du marché. Chacun de ces organismes a ses propres grilles, ses propres plafonds et ses propres exclusions. Deux dossiers identiques envoyés à CFCAL et à Créatis n’obtiendront pas la même réponse.

Credirama, My Money Bank, FLOA : le segment des organismes en ligne et leurs limites sur l’immobilier

Credirama, My Money Bank (anciennement GE Money Bank) et FLOA Bank (ex-Banque Casino) se positionnent sur un segment digitalisé du rachat de crédit. Leur force : un processus rapide, dématérialisé, avec des délais de réponse souvent inférieurs à ceux des filiales bancaires traditionnelles. My Money Bank est le plus complet des trois, avec une capacité à traiter du rachat hypothécaire en plus du conso. FLOA et Credirama restent principalement centrés sur le rachat de crédits à la consommation, avec des montants plafonnés et une absence quasi systématique de solutions pour les emprunteurs ayant un prêt immobilier en cours. Pour un locataire avec 3 crédits conso totalisant 20 000 €, ces acteurs sont pertinents. Pour un propriétaire avec un crédit immobilier de 150 000 € et deux crédits conso, ils ne disposent tout simplement pas du produit adapté.

Courtiers et intermédiaires : ce qu’ils apportent et ce qu’ils vous coûtent

Le courtier est souvent présenté comme un passage obligé pour obtenir le meilleur rachat de crédit. La réalité est plus nuancée, et son utilité dépend directement de la complexité de votre dossier.

Le courtier ne prête rien, il vend votre dossier à un organisme spécialisé

Un courtier en rachat de crédit n’est pas un prêteur. Il ne dispose d’aucun fonds propre pour financer votre opération. Son rôle est de collecter votre dossier, de l’analyser, puis de le transmettre aux organismes spécialisés avec lesquels il a des mandats. En échange, il perçoit une commission de la banque qui accepte le dossier, et parfois des frais de courtage facturés directement à l’emprunteur. Ces frais sont encadrés : ils ne sont dus qu’en cas d’acceptation effective de l’offre. Mais leur montant peut atteindre 1 à 5 % du capital emprunté, ce qui sur un rachat de 80 000 € représente entre 800 et 4 000 €. Ce coût est rarement mis en avant dans les simulations initiales.

Ymanci, Solutis, Partners Finances : modèles économiques et conflits d’intérêts potentiels

Ymanci est un courtier spécialisé exclusivement dans le regroupement de crédits, avec un réseau d’agences physiques et une forte présence en ligne. Solutis fonctionne sur un modèle similaire, en s’appuyant sur un panel de partenaires bancaires (CFCAL, Créatis, Sygma, CGI, entre autres). Partners Finances revendique un positionnement haut de gamme avec un accompagnement personnalisé. Le conflit d’intérêts potentiel est le même pour tous : le courtier est rémunéré par la banque qui accepte le dossier. Rien ne garantit qu’il vous oriente vers l’offre la moins chère plutôt que vers le partenaire qui le rémunère le mieux. Ce biais n’est pas systématique, mais il existe. Un bon réflexe consiste à demander au courtier combien de partenaires ont reçu votre dossier, et à exiger la présentation de plusieurs offres comparables.

Quand passer par un courtier est réellement justifié (et quand c’est une perte de temps)

Le courtier prend tout son sens quand le dossier est complexe : endettement élevé, revenus irréguliers, fichage récemment levé, statut d’indépendant, plusieurs types de crédits à regrouper. Dans ces cas, le courtier sait à quel organisme adresser le dossier en priorité et comment le présenter pour maximiser les chances d’acceptation. Pour un rachat de crédit militaire, un rachat pour senior de plus de 60 ans ou un dossier de travailleur handicapé, l’expertise du courtier sur les circuits d’acceptation spécifiques est un atout concret. En revanche, pour un salarié en CDI avec un seul crédit conso de 10 000 € et un taux d’endettement à 25 %, passer par un courtier n’apporte quasiment rien. Vous pouvez contacter directement deux ou trois organismes spécialisés, comparer les offres et signer sans intermédiaire.

BoursoBank et banques en ligne : pourquoi le rachat de crédit reste leur angle mort

Les banques en ligne ont révolutionné le compte courant, l’épargne, le crédit immobilier classique. Sur le rachat de crédit, leur offre reste embryonnaire.

Ce que BoursoBank propose réellement vs ce que les comparateurs laissent croire

BoursoBank propose un rachat de crédit à la consommation, pas un regroupement de crédits au sens large. Concrètement, il s’agit d’un prêt personnel permettant de solder un ou plusieurs crédits conso existants. Le montant est plafonné, la durée est encadrée, et il n’y a aucune possibilité d’intégrer un crédit immobilier dans l’opération. Les comparateurs en ligne listent BoursoBank aux côtés de CFCAL ou Sygma, ce qui crée une confusion : on compare un produit de crédit conso repositionné en « rachat » avec des opérations de restructuration financière complètes. Pour un emprunteur qui cherche à regrouper un prêt auto et un crédit renouvelable sur 12 000 €, BoursoBank peut convenir. Pour tout le reste, l’offre est hors sujet.

Pas de rachat hypothécaire, pas de dossier complexe : le périmètre réel des néobanques

Aucune banque en ligne majeure (BoursoBank, Fortuneo, Hello bank!) ne propose de rachat de crédit hypothécaire. Oney et FLOA Bank interviennent sur le conso uniquement. Younited Credit propose du regroupement de crédits à la consommation avec un parcours 100 % digital, mais sans composante immobilière. Le problème de fond est structurel : le rachat hypothécaire nécessite une expertise juridique (prise de garantie, mainlevée, intervention notariale) et une gestion du risque incompatible avec les modèles low-cost des néobanques. Un emprunteur propriétaire avec un encours immobilier significatif n’a tout simplement pas d’interlocuteur viable dans l’univers des banques en ligne. C’est le domaine réservé des filiales spécialisées et des courtiers mandatés.

Le vrai critère de choix n’est pas le taux affiché

Le taux nominal attire l’attention. Mais dans un rachat de crédit, c’est le coût total de l’opération qui détermine si vous gagnez ou perdez de l’argent sur la durée.

TAEG, coût total, durée : comment un taux bas peut vous faire perdre 15 000 €

Un rachat de crédit qui abaisse votre mensualité de 900 € à 550 € semble attractif. Mais si la durée passe de 8 à 15 ans, le coût total des intérêts explose. Sur un capital de 60 000 € racheté à 4,5 % sur 15 ans, vous rembourserez environ 22 700 € d’intérêts. Le même capital à 5,2 % sur 10 ans vous coûtera environ 16 800 € d’intérêts, soit 5 900 € de moins malgré un taux facial plus élevé. Le seul indicateur fiable est le coût total du crédit (capital + intérêts + frais + assurance), comparé au coût total résiduel de vos crédits actuels. Si le rachat vous coûte plus cher que de continuer à rembourser normalement, l’opération est perdante, quelle que soit la baisse de mensualité.

Scoring interne et politique de risque : pourquoi un même dossier est refusé ici et accepté ailleurs

Chaque organisme utilise un modèle de scoring propriétaire qui pondère différemment les critères d’acceptation. Certains valorisent fortement l’ancienneté professionnelle, d’autres la stabilité résidentielle, d’autres encore le ratio entre le reste à vivre et la composition du foyer. Un emprunteur en CDI depuis 6 mois avec un bon reste à vivre peut être refusé par CFCAL (qui exige souvent 12 mois d’ancienneté minimum) et accepté par Créatis. Inversement, un propriétaire avec un fort endettement sera mieux accueilli par CFCAL que par une filiale bancaire classique. La conséquence pratique est claire : un refus chez un organisme ne signifie pas que votre dossier est inacceptable. Il signifie qu’il ne correspond pas aux critères spécifiques de cet organisme à ce moment précis. D’où l’intérêt de soumettre son dossier à au moins trois acteurs différents.

Les frais invisibles qui changent tout : IRA, frais de dossier, assurance imposée, mainlevée hypothécaire

Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) sur un crédit immobilier sont plafonnées à 6 mois d’intérêts ou 3 % du capital restant dû. Sur un encours de 120 000 €, cela peut représenter jusqu’à 3 600 €. Les frais de dossier de l’organisme qui rachète vos crédits oscillent entre 1 et 1,5 % du montant financé. Si un courtier intervient, ses honoraires s’ajoutent. L’assurance emprunteur est souvent imposée par l’organisme de rachat, avec des tarifs supérieurs à ceux que vous pourriez obtenir en délégation. Et si votre rachat inclut un prêt hypothécaire, la mainlevée de l’ancienne hypothèque génère des frais notariés de l’ordre de 0,3 à 0,6 % du montant garanti. Au total, ces frais annexes peuvent atteindre 5 à 8 % du capital racheté. Ne pas les intégrer dans le calcul, c’est comparer des offres sur la base d’informations incomplètes.

Quel organisme pour quel profil : la grille que personne ne publie

Le choix du bon organisme dépend moins du « meilleur taux du marché » que de l’adéquation entre votre profil et les critères d’acceptation de chaque acteur.

Fonctionnaire, CDI, indépendant, retraité : les circuits qui acceptent chaque profil

Les fonctionnaires titulaires bénéficient d’un avantage structurel : la sécurité de l’emploi rassure tous les organismes. Même les banques de réseau les plus sélectives acceptent facilement leurs dossiers, y compris avec un endettement modéré. Les salariés en CDI hors période d’essai restent le profil standard, accepté partout à condition que le taux d’endettement reste raisonnable. Les indépendants (auto-entrepreneurs, professions libérales, gérants) constituent le segment le plus difficile. Seuls les organismes spécialisés et certains courtiers disposent des grilles adaptées pour analyser des revenus variables sur 2 à 3 bilans. Les retraités font face à un double obstacle : la baisse de revenus à la retraite et le coût de l’assurance emprunteur qui explose après 60 ans, rendant certaines opérations économiquement absurdes malgré un dossier techniquement recevable.

Locataire vs propriétaire : deux marchés du rachat de crédit totalement différents

Un propriétaire peut offrir son bien en garantie hypothécaire, ce qui ouvre l’accès à des montants élevés (jusqu’à 300 000 € et au-delà), des durées longues (jusqu’à 25 ans) et des taux plus compétitifs. Le marché du rachat hypothécaire est dominé par les filiales spécialisées (CFCAL, Sygma, CGI, CréditLift) et traité presque exclusivement via des courtiers. Un locataire, lui, n’a accès qu’au rachat de crédits à la consommation, avec des montants généralement plafonnés entre 50 000 et 75 000 € et des durées de 12 à 15 ans maximum. Les organismes qui acceptent les locataires sont moins nombreux, les taux sont plus élevés, et les critères d’endettement plus stricts puisqu’il n’y a aucune garantie réelle. C’est une réalité que les simulateurs en ligne masquent en affichant des taux d’appel identiques pour tous les profils.

Petit rachat conso (moins de 15 000 €) vs restructuration lourde avec hypothèque : pas les mêmes acteurs, pas les mêmes règles

En dessous de 15 000 €, le rachat de crédit relève du marché de masse. Les sociétés de financement (Sofinco, Cetelem, Cofidis, FLOA) acceptent facilement ces dossiers, souvent sans intervention d’un courtier. La durée de remboursement dépasse rarement 7 ans pour les locataires. Le traitement est rapide, parfois en moins d’une semaine. Au-dessus de 50 000 €, ou dès qu’un prêt immobilier entre dans le périmètre, l’opération bascule dans un autre monde. Il faut un organisme habilité au crédit immobilier, une garantie hypothécaire ou une caution, un passage chez le notaire, et souvent un courtier pour monter le dossier. Les délais s’allongent à 4 à 8 semaines. Les frais annexes s’accumulent. Et le risque de refus augmente significativement. Confondre ces deux marchés, c’est comme comparer un achat de voiture d’occasion avec une acquisition immobilière. Les règles, les acteurs et les enjeux n’ont rien en commun.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour obtenir un rachat de crédit une fois le dossier déposé

Le délai varie selon le type d’opération. Pour un rachat de crédit à la consommation simple (sans hypothèque), comptez entre 5 et 15 jours ouvrés entre le dépôt du dossier complet et le déblocage des fonds. Pour un rachat hypothécaire, le processus est nettement plus long : l’étude du dossier prend 2 à 4 semaines, puis il faut ajouter le délai de réflexion légal de 10 jours après réception de l’offre, le rendez-vous notarial et le déblocage effectif. Au total, un rachat hypothécaire prend entre 6 et 10 semaines dans le meilleur des cas. Tout dossier incomplet ou nécessitant des pièces complémentaires rallonge mécaniquement ces délais.

Est-il possible de faire un rachat de crédit en étant fiché FICP

En théorie, le fichage au FICP (Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) ne constitue pas une interdiction légale de souscrire un nouveau crédit. En pratique, la quasi-totalité des organismes refusent les dossiers de personnes fichées. Quelques courtiers spécialisés acceptent d’étudier ces situations, notamment si le fichage est récent et lié à un incident isolé, et si l’emprunteur est propriétaire d’un bien immobilier pouvant servir de garantie. Mais les conditions proposées seront très défavorables : taux élevé, durée longue, coût total important. Dans la plupart des cas, il est préférable d’attendre la levée du fichage avant de déposer une demande.

Peut-on inclure des dettes personnelles ou fiscales dans un rachat de crédit

Oui, sous certaines conditions. La plupart des organismes spécialisés acceptent d’intégrer dans le rachat des dettes non bancaires : découverts persistants, retards d’impôts, factures impayées, dettes familiales formalisées par un acte. Le montant de ces dettes est ajouté au capital emprunté et soldé directement par l’organisme prêteur. L’intérêt est double : simplifier la gestion et réduire le risque de spirale d’endettement. La contrepartie, c’est que ces dettes augmentent le montant total du rachat et donc le coût final. Les organismes vérifient systématiquement la nature et l’origine de ces dettes pour évaluer le risque global du dossier.

Le rachat de crédit a-t-il un impact sur le score bancaire ou la capacité d’emprunt future

Un rachat de crédit n’apparaît pas comme un incident bancaire. Il est enregistré comme un nouveau crédit classique auprès de la Banque de France. En revanche, il peut avoir un impact indirect sur votre capacité d’emprunt future. Si le rachat allonge significativement votre durée de remboursement, vous resterez endetté plus longtemps, ce qui peut freiner l’obtention d’un nouveau prêt immobilier ou d’un crédit auto dans les années suivantes. À l’inverse, si le rachat fait baisser votre taux d’endettement de façon significative, il peut paradoxalement améliorer votre éligibilité immédiate à un nouveau financement. Tout dépend du ratio entre la baisse de mensualité obtenue et l’allongement de la durée.

Faut-il obligatoirement souscrire l’assurance proposée par l’organisme de rachat

Non. Depuis la loi Lagarde et ses évolutions successives, vous avez le droit de choisir une assurance emprunteur externe (délégation d’assurance) à condition qu’elle offre un niveau de garantie équivalent à celui exigé par l’organisme prêteur. En pratique, les organismes spécialisés en rachat de crédit poussent fortement leur propre contrat d’assurance groupe, car il constitue une source de marge importante pour eux. Les tarifs de ces assurances groupe sont souvent 30 à 50 % plus chers que ceux d’une délégation négociée sur le marché. Sur un rachat de 100 000 € sur 15 ans, la différence peut dépasser 5 000 €. Comparer l’assurance est aussi important que comparer le taux du crédit lui-même.