La carte But n’est pas une carte de fidélité. C’est un crédit renouvelable avec un logo Mastercard et quelques bons d’achat pour faire passer la pilule. La confusion est entretenue volontairement en magasin, et la plupart des avis en ligne se contentent de lister les avantages sans expliquer le mécanisme financier qui se cache derrière. Résultat : des milliers de consommateurs souscrivent un contrat Cetelem en pensant simplement accumuler des points. Pour certains profils, la carte peut avoir un intérêt réel, à condition de ne jamais utiliser la fonction crédit et d’acheter suffisamment chez But pour rentabiliser la cotisation. Pour tous les autres, c’est un produit bancaire coûteux déguisé en avantage client. Cet article détaille les cas où la carte But vaut le coup, ceux où elle coûte plus qu’elle ne rapporte, et ce que les comparatifs habituels oublient systématiquement de mentionner.
Ce que But ne vous dit pas au comptoir avant de signer
Le parcours de souscription de la carte But est conçu pour que le consommateur associe cette carte à un programme de fidélité classique. En réalité, chaque souscription déclenche l’ouverture d’un contrat de crédit à la consommation géré par Cetelem, filiale de BNP Paribas Personal Finance.
Il n’existe pas de carte de fidélité But sans crédit renouvelable
Contrairement à IKEA, qui propose une carte Family gratuite dissociée de tout crédit, ou à Castorama, qui sépare son programme de fidélité C-Casto de sa carte Mastercard Sofinco, But n’offre aucune carte de fidélité indépendante. Impossible d’accéder au cashback, aux chèques cadeaux ou aux ventes privées sans signer un contrat de crédit renouvelable. Ce point est rarement mis en avant dans les comparatifs en ligne. Le consommateur qui veut juste cumuler des avantages chez But se retrouve, de fait, titulaire d’une ligne de crédit allant de 150 à 4 500 €, avec un TAEG pouvant atteindre 23,24 %. Cette architecture est un choix commercial délibéré : en liant fidélité et crédit, But maximise le nombre de contrats Cetelem ouverts via son réseau de 300 magasins.
Le vendeur qui « active le 3x sans frais » vous fait signer un contrat Cetelem
La scène se répète dans la quasi-totalité des magasins But. Un client veut payer un meuble en plusieurs fois. Le vendeur lui propose le 3x sans frais, « il suffit juste de prendre la carte ». Ce que le client comprend : une facilité de paiement ponctuelle. Ce qu’il signe : un contrat de crédit renouvelable avec Cetelem, une carte Cpay Mastercard facturée 14,90 € par an, et une réserve d’argent activée immédiatement. Le 3x sans frais n’existe pas sans cette carte. Il n’y a pas d’alternative de paiement fractionné chez But comme chez d’autres enseignes qui proposent du 3x ou 4x par carte bancaire via des prestataires type Alma ou Oney. Chez But, fractionner un paiement implique systématiquement l’ouverture d’un crédit renouvelable.
Témoignages de souscriptions forcées : ce que révèlent les avis vérifiés et le forum Que Choisir
Les plateformes d’avis et les forums de consommateurs regorgent de témoignages convergents. Sur Avis Vérifiés, plusieurs clients décrivent avoir découvert l’existence de la carte Cetelem sur leur relevé bancaire, sans avoir compris qu’ils souscrivaient un crédit. Sur le forum Que Choisir, un utilisateur rapporte que sa vendeuse lui a affirmé qu’il ne pouvait pas payer par CB ni par chèque, le forçant de facto à ouvrir une carte But pour régler son achat. Un autre cas documenté concerne une personne âgée de 76 ans ayant signé un crédit renouvelable sans en comprendre la portée. Ces situations ne sont pas anecdotiques. Elles reflètent une pratique commerciale systémique où la carte est présentée comme une formalité alors qu’elle engage contractuellement le client auprès d’un organisme de crédit.
Le vrai coût de la carte But derrière les 14,90 €/an
La cotisation annuelle de 14,90 € est le seul chiffre mis en avant. Les coûts réels dépendent entièrement de l’usage que le titulaire fait de la fonction crédit. Et c’est précisément là que l’addition grimpe.
TAEG révisable jusqu’à 23,24 % : ce que ça donne en euros sur un canapé à 800 €
Le TAEG de la carte But Cpay Mastercard est révisable et oscille entre 15,67 % et 23,24 % selon le montant emprunté. Prenons un exemple concret. Un canapé à 800 € financé en 10 mensualités au taux maximum génère environ 85 à 95 € d’intérêts. Le client paie donc son canapé entre 885 et 895 €, auxquels s’ajoutent les 14,90 € de cotisation annuelle. Ce surcoût de plus de 100 € reste invisible au moment de l’achat puisque le vendeur ne détaille jamais la simulation complète. Par comparaison, un prêt personnel classique sur ce montant afficherait un TAEG autour de 5 à 7 %, soit un coût total nettement inférieur. Le crédit renouvelable est structurellement le type de crédit le plus cher du marché français, et la carte But ne fait pas exception.
Le piège du débit différé au 17 du mois : jusqu’à 40 jours de décalage invisible
Quand un titulaire de la carte But choisit de payer comptant (sans utiliser le crédit), le prélèvement n’est pas immédiat. Toutes les opérations du mois sont regroupées et débitées en une seule fois le 17 du mois suivant. Un achat réalisé le 18 janvier ne sera prélevé que le 17 février, soit 30 jours plus tard. Un achat effectué le 8 du mois bénéficie d’un différé de 40 jours. Ce mécanisme, présenté comme un avantage, crée un décalage budgétaire dangereux pour les profils qui ne suivent pas leur budget de près. Le titulaire dépense sur un mois, mais le débit arrive le mois suivant. Ce fonctionnement pousse certains utilisateurs à basculer, sans le vouloir, sur l’option crédit lorsque leur compte est insuffisamment provisionné le 17.
Frais à l’étranger : pourquoi cette carte Mastercard ne remplace pas votre CB
La carte But porte le logo Mastercard, ce qui laisse penser qu’elle fonctionne comme n’importe quelle carte bancaire internationale. En réalité, chaque retrait hors zone euro coûte 2,29 € + 1,88 % du montant en distributeur, et 3,20 € + 1,88 % au guichet. Les paiements hors zone euro sont également facturés. Pour un retrait de 200 € à l’étranger, comptez environ 6 € de frais. Les plafonds sont aussi contraignants : 300 € par jour et 600 € sur 7 jours glissants. Ces montants sont puisés directement dans la réserve de crédit renouvelable, pas sur le compte courant. Retirer de l’argent avec la carte But à l’étranger revient à emprunter au taux du crédit renouvelable tout en payant des frais de transaction. C’est l’un des usages les plus coûteux de cette carte, et pourtant il est rarement mentionné.
Cashback et chèques cadeaux : rentables à partir de quel volume d’achat ?
Les avantages de la carte But sont réels, mais leur rentabilité dépend d’un seuil de dépenses annuel que la majorité des titulaires n’atteint jamais.
Le seuil réel pour que les 2 % de cashback couvrent la cotisation et les intérêts
La carte But offre 2 % de cashback sur les achats réalisés en magasin But et chez les commerçants du réseau Mastercard. Pour que ce cashback couvre au minimum les 14,90 € de cotisation annuelle, il faut dépenser au moins 745 € par an avec la carte. Ce calcul ne tient que si le titulaire paie systématiquement au comptant. Dès qu’il utilise la fonction crédit, ne serait-ce qu’une fois, les intérêts grignotent le cashback accumulé. Sur un financement de 500 € en 10 mensualités à 23 %, les intérêts dépassent les 50 €. Il faudrait alors 2 500 € de dépenses annuelles au comptant uniquement pour compenser ce seul achat à crédit. Le cashback est un avantage réel pour les acheteurs disciplinés qui ne touchent jamais à la réserve. Pour tous les autres, c’est un gain cosmétique absorbé par le coût du crédit.
Le chèque cadeau de 30 € : utilisable une seule fois, hors marketplace, hors but.fr
Chaque année, le titulaire reçoit un chèque cadeau d’un montant minimum garanti de 30 €, quel que soit le niveau de sa cagnotte. C’est l’argument commercial le plus mis en avant par les vendeurs. Ce qu’ils ne précisent pas : ce chèque est nominatif, utilisable en une seule fois, uniquement en magasin physique But en France métropolitaine. Il est exclu du site but.fr, de la marketplace, et ne peut pas être combiné avec d’autres chèques cadeaux. Il ne couvre pas les prestations de service, les abonnements ni les pièces détachées. En pratique, il faut se déplacer en magasin et trouver un produit à acheter d’au moins 30 € pour ne pas perdre une partie de sa valeur. Après déduction de la cotisation de 14,90 €, le gain net réel est de 15,10 € par an, à condition d’utiliser effectivement le chèque avant son expiration.
Camionnette gratuite et remise livraison : des avantages qui ne concernent que les gros paniers
Le prêt de camionnette gratuit (2 h en semaine, 1 h le week-end) est conditionné à un achat minimum de 300 €. La remise de 20 % sur la livraison ne s’applique qu’à partir de 600 € d’achat. Ces deux avantages sont pertinents pour les clients qui achètent des meubles volumineux ou de l’électroménager lourd, typiquement une à deux fois par an. Pour un achat ponctuel de petits équipements ou d’accessoires déco, ces avantages sont inaccessibles. La remise sur la garantie prolongée (30 % sur un nouveau produit après expiration de la garantie) ne concerne que les achats initialement réglés avec la carte But. L’ensemble de ces privilèges dessine un profil type très précis : un client qui équipe ou rééquipe son logement, avec des paniers supérieurs à 600 €, et qui achète exclusivement chez But. Ce profil représente une minorité de titulaires.
Carte But vs IKEA, Castorama, Conforama : le comparatif que personne ne fait
Aucun article positionné sur « carte But avis » ne compare sérieusement les cartes des enseignes concurrentes. Pourtant, les différences de coût, de flexibilité et de conditions sont considérables.
Facilités de paiement : 10 mensualités max chez But contre 60 chez Castorama
La carte But Cpay Mastercard limite le paiement en plusieurs fois à 10 mensualités maximum. Les cartes IKEA Family Finance et Castorama Mastercard, toutes deux gérées par Sofinco (filiale du Crédit Agricole), offrent un étalement allant jusqu’à 60 mensualités. Sur un achat de 2 000 € en 10 mensualités chez But, la mensualité dépasse 200 €. Le même achat en 36 ou 60 mensualités chez Castorama descend sous les 60 €. Cette différence de flexibilité n’est pas anecdotique pour les ménages qui financent un équipement complet. IKEA ajoute un avantage supplémentaire : la possibilité de payer en 10x sans frais sur des achats de 300 à 21 500 €, un dispositif que But ne propose qu’en opérations promotionnelles ponctuelles.
Taux Sofinco vs taux Cetelem : l’écart réel sur un financement de 1 500 €
Le TAEG maximum chez But (Cetelem) atteint 23,24 %. Chez IKEA et Castorama (Sofinco), il monte à 23,50 %. Sur le papier, l’écart est négligeable. La différence réelle se joue ailleurs. Sofinco propose un crédit renouvelable avec un taux qui varie quotidiennement en fonction du capital utilisé, ce qui peut permettre des taux effectifs inférieurs si le montant emprunté reste faible. Cetelem applique un taux fixe par tranche, moins modulable. Mais le point décisif est la cotisation. La carte IKEA Family Finance est gratuite. La carte Castorama Mastercard est gratuite. La carte But coûte 14,90 € par an. Sur un financement identique de 1 500 € en 10 mensualités, le coût total (intérêts + cotisation) est systématiquement plus élevé chez But qu’il ne le serait avec une carte Cofidis ou une carte d’enseigne concurrente sans cotisation.
Le seul avantage concret où But bat ses concurrents
La carte But propose un mécanisme que ni IKEA, ni Castorama, ni Conforama ne répliquent : le cashback de 2 % sur tous les achats Mastercard, y compris hors enseigne. Chez IKEA, les avantages fidélité sont limités aux achats en magasin. Chez Castorama, le programme de points ne fonctionne que sur les achats Castorama. La carte But, utilisée comme carte de paiement secondaire au quotidien (courses, carburant, achats divers) avec un paiement systématiquement comptant, génère un retour de 2 % sur chaque transaction. Un titulaire qui dépense 500 € par mois via sa carte But accumule 120 € de cashback annuel. Après déduction de la cotisation, le gain net est d’environ 105 €. C’est le seul scénario où la carte But surpasse objectivement ses concurrentes. Il suppose cependant une discipline absolue : ne jamais basculer en mode crédit.
L’impact invisible sur votre capacité d’emprunt
La carte But est un produit bancaire. À ce titre, son existence dans le patrimoine financier d’un emprunteur a des conséquences que la plupart des titulaires ignorent jusqu’au jour où ils sollicitent un prêt immobilier.
Un crédit renouvelable actif apparaît dans votre fichier Banque de France
Toute souscription de carte But entraîne l’inscription d’un crédit renouvelable au Fichier national des Crédits aux Particuliers, géré par la Banque de France. Même si le titulaire n’utilise jamais la réserve d’argent et paie toujours au comptant, la ligne de crédit reste déclarée comme active. Les banques et organismes prêteurs qui consultent ce fichier voient une capacité d’endettement potentielle. Concrètement, une réserve de 3 000 € non utilisée chez Cetelem est perçue comme une dette potentielle de 3 000 €. Ce mécanisme réduit mathématiquement le taux d’endettement calculé par les établissements bancaires lors d’une demande de prêt immobilier ou de crédit à la consommation.
Pourquoi votre courtier immobilier vous demandera de résilier cette carte
C’est devenu quasi systématique. Lors du montage d’un dossier de prêt immobilier, les courtiers demandent à leurs clients de clôturer tous les crédits renouvelables actifs avant de présenter le dossier en banque. La carte But fait partie des produits les plus fréquemment pointés du doigt, avec les cartes Leclerc et Cofidis. La raison est simple : les banques appliquent des critères d’octroi stricts autour du taux d’endettement de 35 %. Un crédit renouvelable actif, même non utilisé, peut suffire à faire basculer un dossier du côté refusé. Pour un emprunteur dont la capacité d’emprunt est déjà tendue, la carte But peut coûter bien plus que 14,90 € par an : elle peut coûter un refus de prêt.
Résilier ne suffit pas : le délai réel de disparition dans les fichiers bancaires
La résiliation de la carte But n’efface pas instantanément le crédit renouvelable des fichiers. Après clôture complète du contrat (remboursement intégral de tout encours + résiliation formelle), l’information reste inscrite dans les fichiers de la Banque de France. Les délais de mise à jour varient mais peuvent atteindre plusieurs semaines. Un emprunteur qui résilie sa carte But le 15 janvier pour un rendez-vous bancaire le 1er février prend le risque que le crédit apparaisse encore comme actif. La stratégie recommandée est d’anticiper la résiliation de la carte au moins deux à trois mois avant toute demande de financement immobilier, et de demander une attestation de clôture à Cetelem pour la joindre au dossier.
Utiliser la carte But sans se faire piéger : le seul scénario où elle vaut le coup
La carte But n’est ni une arnaque ni une bonne affaire par défaut. Son intérêt dépend exclusivement de la capacité du titulaire à l’utiliser comme un outil de cashback sans jamais activer la fonction crédit.
Payer systématiquement comptant et ne jamais toucher à la réserve
La règle est simple et non négociable : à chaque passage en caisse, sélectionner le paiement comptant. Dans ce mode, aucun intérêt n’est facturé. L’achat est débité le 17 du mois suivant, ce qui offre un différé gratuit pouvant aller jusqu’à 40 jours. La réserve de crédit renouvelable reste à zéro, et le titulaire profite du cashback de 2 %, des chèques cadeaux annuels et des remises livraison sans payer d’intérêts. Le problème : en magasin, le terminal de paiement propose parfois le mode crédit par défaut. Il faut être attentif au moment du paiement et refuser systématiquement l’option crédit. En ligne, les achats réglés avec la carte But sont automatiquement passés au comptant sauf action contraire du titulaire.
La fonction méconnue : changer le mode de paiement jusqu’à 22h le lendemain
Peu de titulaires le savent, mais Cetelem offre une fenêtre de rétractation sur le mode de paiement. Pour tout achat supérieur à 100 €, le titulaire peut basculer du comptant au crédit ou inversement jusqu’à 22h le lendemain de l’opération, directement depuis l’espace client Cetelem. Cette fonctionnalité fonctionne aussi à la réception du relevé mensuel. Concrètement, un titulaire qui a payé un électroménager à crédit par inadvertance peut annuler ce choix le lendemain et repasser en comptant. C’est un filet de sécurité essentiel, mais il suppose de consulter son espace client dans les 24 heures suivant chaque achat, ce que très peu de consommateurs font en pratique.
À quelle fréquence d’achat chez But la carte devient réellement rentable
Pour qu’un usage exclusivement comptant soit rentable, il faut que le cumul du cashback et du chèque cadeau annuel dépasse la cotisation de 14,90 €. Le chèque cadeau garanti de 30 € couvre déjà la cotisation avec un excédent de 15,10 €. La rentabilité nette commence donc dès le premier achat, à condition d’utiliser le chèque. Mais cette analyse change si le titulaire n’utilise la carte que chez But. Avec 2 % de cashback, il faut 500 € d’achats annuels chez But pour générer 10 € de cagnotte supplémentaire. La carte devient financièrement intéressante à partir de 1 000 à 1 500 € d’achats annuels chez But ou via le réseau Mastercard, en usage comptant strict. En dessous de ce seuil, le rapport effort/bénéfice est trop faible pour justifier la gestion d’un contrat de crédit renouvelable actif.
Résilier la carte But : pourquoi c’est plus compliqué qu’il n’y paraît
Obtenir la carte But prend dix minutes au comptoir. La résilier demande un courrier, un remboursement complet et parfois plusieurs relances. L’asymétrie entre souscription et résiliation est le dernier signal que ce produit est d’abord conçu pour retenir.
Courrier RAR obligatoire : un simple appel ou e-mail ne suffit pas
Contrairement à la carte Castorama, dont la résiliation peut se faire par téléphone ou via l’espace client Sofinco, la carte But exige l’envoi d’un courrier recommandé avec accusé de réception adressé à Cetelem. Ni un appel téléphonique, ni un e-mail, ni une demande en magasin ne sont considérés comme recevables pour clôturer le contrat. Cette contrainte administrative, à l’ère du tout numérique, n’est pas un hasard. Elle crée une friction suffisante pour décourager une partie des titulaires mécontents. Le courrier doit mentionner explicitement la volonté de résilier le contrat de crédit renouvelable et la carte associée, accompagné du numéro de contrat.
Solde restant dû : vous ne pouvez pas résilier sans avoir tout remboursé
La résiliation de la carte But ne peut intervenir qu’après le remboursement intégral de l’encours de crédit. Si le titulaire a utilisé la réserve d’argent, même partiellement, il doit d’abord solder la totalité de sa dette avant que Cetelem accepte la clôture. Pour un encours de 2 000 € remboursé en mensualités de 80 €, cela représente plus de deux ans de remboursement avant de pouvoir résilier. Le remboursement anticipé est possible, mais il suppose d’avoir la trésorerie disponible. Pendant toute la durée du remboursement, la cotisation annuelle de 14,90 € continue d’être prélevée. Le titulaire paie donc pour une carte qu’il ne souhaite plus utiliser, tant que sa dette n’est pas éteinte.
La cotisation qui tombe même si vous n’utilisez plus la carte
La cotisation annuelle de 14,90 € est prélevée automatiquement chaque année, que le titulaire utilise la carte ou non. Tant que le contrat de crédit renouvelable est actif, la cotisation est due. Mettre la carte dans un tiroir et l’oublier ne suffit pas : le prélèvement continue, et le crédit renouvelable reste déclaré dans les fichiers bancaires. Certains titulaires découvrent des années plus tard qu’ils paient toujours cette cotisation sans avoir effectué le moindre achat. La seule manière d’y mettre fin est la résiliation formelle par courrier recommandé, après remboursement complet de tout éventuel encours.
Questions fréquentes
La carte But est-elle obligatoire pour acheter en magasin ?
Non. La carte But est facultative. Tout achat en magasin peut être réglé par carte bancaire classique, chèque, espèces ou virement. Si un vendeur vous affirme le contraire pour justifier la souscription, il s’agit d’une pratique commerciale abusive que vous pouvez signaler à la DGCCRF. Le paiement en plusieurs fois sans passer par la carte But n’est en revanche pas proposé chez cette enseigne, contrairement à d’autres magasins qui acceptent le fractionnement via des prestataires comme Alma ou Oney.
Peut-on utiliser la carte But chez d’autres commerçants que But ?
Oui. La carte But Cpay Mastercard fonctionne dans l’ensemble du réseau Mastercard, en France et à l’étranger. Elle permet de payer en magasin, en ligne et de retirer de l’argent aux distributeurs. Les achats hors enseigne But génèrent le même cashback de 2 %. Cependant, tout retrait ou paiement à crédit hors zone euro entraîne des frais supplémentaires, et les retraits sont systématiquement imputés sur la réserve de crédit renouvelable, pas sur le compte courant.
Que se passe-t-il si on ne rembourse pas les mensualités de la carte But ?
En cas d’impayé, Cetelem applique d’abord des pénalités de retard, puis peut procéder à une inscription au FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) auprès de la Banque de France. Cette inscription bloque l’accès à tout nouveau crédit pendant une durée pouvant aller jusqu’à 5 ans. En cas de défaut prolongé, le dossier peut être transmis à un service de recouvrement contentieux. Le surendettement lié aux crédits renouvelables de cartes magasin reste l’une des causes les plus fréquentes de dépôt de dossier auprès de la commission de surendettement.
La carte But fonctionne-t-elle pour le paiement sans contact ?
Oui, la carte Cpay Mastercard est compatible avec le paiement sans contact pour les achats inférieurs à 50 €. En mode sans contact, le paiement est automatiquement en mode comptant : il est impossible de basculer en crédit sur une transaction sans contact. C’est un point de sécurité intéressant pour les titulaires qui souhaitent éviter les activations involontaires du crédit renouvelable lors de petits achats quotidiens.
Comment savoir combien coûte réellement son crédit renouvelable But en cours ?
Le détail du coût de votre crédit est accessible sur l’espace client Cetelem, rubrique « Mon contrat ». Le relevé mensuel indique le capital restant dû, le taux TAEG appliqué, le montant des intérêts prélevés sur le mois et le montant de la prochaine mensualité. Pour connaître le coût total d’un financement en cours, additionnez les intérêts déjà payés (visibles sur les relevés précédents) et les intérêts restants jusqu’à la fin du remboursement. Si le total vous semble disproportionné, comparez avec un simulateur de prêt personnel classique : l’écart peut justifier un rachat de crédit auprès d’un autre organisme.