La plupart des comparatifs d’organismes de crédit alignent des logos, des fourchettes de TAEG et des boutons « simuler ». Le problème, c’est que ça ne dit rien sur ce qui se passe réellement une fois votre dossier soumis. Derrière Cetelem, Cofidis ou Sofinco, ce sont souvent les mêmes groupes bancaires qui décident, avec les mêmes grilles de scoring, et le taux affiché en page d’accueil n’a quasiment aucun rapport avec celui que vous obtiendrez. Un emprunteur en CDI depuis trois ans avec un reste à vivre confortable ne joue pas dans la même catégorie qu’un intérimaire, même si les deux remplissent le même formulaire en ligne. Cet article ne vous dira pas quel organisme est « le meilleur ». Il décortique comment ces acteurs fonctionnent vraiment, ce qu’ils vérifient, ce qu’ils cachent dans leurs offres, et à quel moment il vaut mieux chercher ailleurs. Si vous voulez un comparatif direct des organismes de crédit, il est disponible ici.
Derrière les marques, trois groupes bancaires contrôlent le marché du crédit conso
Le marché français du crédit à la consommation donne l’illusion du choix. En réalité, une poignée de maisons mères se partagent l’essentiel des encours, et cette concentration a des conséquences directes sur les taux que vous obtenez.
BNP Paribas (Cetelem, Cofinoga, Franfinance), Crédit Mutuel (Cofidis, Créatis), BPCE (Oney) : la fausse concurrence
BNP Paribas Personal Finance est la maison mère de Cetelem, Cofinoga et Franfinance. Ces trois marques partagent la même infrastructure de refinancement, les mêmes bases de données internes et des algorithmes de scoring très proches. Quand vous comparez une offre Cetelem à une offre Cofinoga, vous comparez deux produits du même fabricant avec un packaging différent.
Le schéma se répète chez Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui détient Cofidis et Créatis via Cofidis Participations. Et du côté de BPCE (Banque Populaire, Caisse d’Épargne), c’est Oney qui porte l’offre crédit conso grand public. Ces trois pôles représentent à eux seuls plus de 60 % du marché français du crédit à la consommation. Quand un comparateur vous affiche cinq organismes, il y a de fortes chances que trois d’entre eux appartiennent au même groupe.
Pourquoi comparer des organismes du même groupe ne fait pas baisser votre taux
La logique paraît simple : mettre en concurrence plusieurs organismes pour obtenir un meilleur taux. Sauf que lorsque Cetelem et Franfinance appartiennent à la même entité, leurs grilles tarifaires sont calibrées pour ne pas se cannibaliser. Les écarts de TAEG entre deux filiales du même groupe dépassent rarement 0,2 à 0,5 point, et encore, ils portent souvent sur des durées ou des montants légèrement différents.
En pratique, la vraie mise en concurrence ne fonctionne qu’entre groupes distincts. Un taux Cofidis ne bougera pas parce que vous mentionnez une offre Cofinoga. Il bougera si vous présentez une proposition Younited ou Floa, qui n’ont aucun lien capitalistique avec Crédit Mutuel ou BNP.
Les seuls acteurs réellement indépendants et ce que ça change sur l’offre
Younited Credit reste le cas le plus souvent cité : pas de maison mère bancaire, un modèle de refinancement différent (via des investisseurs institutionnels), et une politique de prix qui ne dépend pas d’un groupe historique. Floa Bank (ex-Banque Casino, désormais filiale de BNP Paribas) a perdu cette indépendance depuis son rachat en 2022, ce que beaucoup de comparatifs omettent encore.
Côté fintechs, des acteurs comme Yelloan ou Finfrog fonctionnent sur des modèles alternatifs, mais leurs montants maximum et leurs durées restent limités. L’indépendance capitalistique se traduit concrètement par deux choses : une plus grande liberté sur la grille tarifaire, et une capacité à accepter des profils que les grands groupes refusent systématiquement via leurs algorithmes standardisés.
Le TAEG affiché n’est pas le taux que vous obtiendrez
Chaque organisme de crédit affiche un TAEG « à partir de » sur sa page d’accueil. Ce chiffre correspond au meilleur cas théorique, réservé à une infime minorité de dossiers. Le taux que vous obtiendrez dépend d’un mécanisme rarement expliqué.
Comment le scoring interne attribue un taux personnalisé (et pourquoi le « à partir de 0,90 % » est un leurre marketing)
Quand vous remplissez un formulaire de simulation, l’organisme ne vous attribue pas « le » taux affiché. Il lance un algorithme de scoring qui croise vos données déclaratives (revenus, charges, situation professionnelle) avec des données comportementales (historique bancaire, ancienneté du compte, régularité des flux). Le résultat produit une note interne, et c’est cette note qui détermine votre TAEG réel.
Le « à partir de 0,90 % » que vous voyez sur Cofidis, Cetelem ou Younited correspond au profil qui obtient la note maximale : CDI ancien, revenus élevés, aucun incident bancaire, montant modéré, durée courte. En réalité, plus de 80 % des emprunteurs obtiennent un taux situé dans la moitié haute de la fourchette affichée. Un TAEG annoncé « de 0,90 % à 22,90 % » signifie que la majorité des dossiers atterrissent entre 6 % et 15 %.
Les variables qui font varier le TAEG du simple au triple à profil équivalent
Deux emprunteurs avec le même salaire et la même ancienneté professionnelle peuvent obtenir des taux très différents chez le même organisme. Le montant emprunté joue un rôle majeur : les meilleurs taux sont souvent réservés aux tranches intermédiaires (5 000 à 15 000 €), car l’organisme y optimise son ratio risque/marge. En dessous de 3 000 €, les frais fixes de gestion pèsent trop, et le taux grimpe. Au-dessus de 30 000 €, le risque statistique augmente.
La durée de remboursement est l’autre levier décisif. Un prêt sur 12 mois affichera un TAEG nettement inférieur au même montant sur 72 mois, non pas parce que le risque est moindre, mais parce que l’organisme verrouille sa marge sur une durée plus courte. Enfin, le canal de souscription peut faire varier le taux : certains organismes proposent des conditions préférentielles sur leur site direct par rapport aux offres distribuées via des comparateurs partenaires.
Assurance emprunteur facultative mais pré-cochée : le surcoût invisible
L’assurance emprunteur sur un crédit conso est légalement facultative. Pourtant, dans la majorité des parcours de souscription en ligne, la case est pré-cochée ou intégrée par défaut dans la simulation. Chez certains organismes, décocher l’assurance peut techniquement allonger le délai de traitement du dossier, voire déclencher une réévaluation du scoring.
Le coût réel de cette assurance représente souvent entre 0,3 % et 1,2 % du TAEG affiché. Sur un prêt de 10 000 € sur 48 mois, cela peut représenter 200 à 500 € de surcoût total. Et comme l’assurance est intégrée dans les mensualités, la plupart des emprunteurs ne la distinguent jamais du remboursement du capital. Pour un crédit sans justificatif, où le processus est volontairement simplifié, cette opacité est encore plus marquée.
Prêt personnel vs crédit renouvelable : l’arbitrage que personne ne vous explique clairement
Ces deux produits répondent à des logiques financières opposées, mais les organismes de crédit ont tout intérêt à entretenir la confusion. Le prêt personnel amortissable a une fin programmée. Le crédit renouvelable, non.
Le crédit renouvelable est le produit le plus rentable pour l’organisme, pas pour l’emprunteur
Un prêt personnel génère des intérêts sur une durée fixe, puis s’éteint. Le crédit renouvelable, lui, reconstitue la réserve d’argent au fil des remboursements, ce qui incite à réutiliser la ligne de crédit en continu. Pour l’organisme, c’est un produit à marge récurrente : le client paie des intérêts en boucle, souvent à des taux qui oscillent entre 15 % et 22 % de TAEG, soit deux à cinq fois plus qu’un prêt personnel classique.
Les encours de crédit renouvelable représentent une part significative des revenus de Cofidis, Cofinoga ou Carrefour Banque. Ce n’est pas un hasard si ces organismes mettent le revolving en avant dans leurs parcours de souscription : c’est le produit qui maximise la valeur client à long terme, pas celui qui minimise le coût pour l’emprunteur.
Pourquoi les organismes adossés à la grande distribution (Carrefour Banque, Oney) poussent le revolving en magasin
Quand Carrefour Banque vous propose une « carte de financement » ou qu’Oney vous suggère un « paiement en plusieurs fois » au moment du passage en caisse chez Boulanger ou Leroy Merlin, le mécanisme sous-jacent est presque toujours un crédit renouvelable. L’acte d’achat impulsif en magasin crée le contexte idéal : le consommateur pense fractionner un paiement, il souscrit en réalité une ligne de crédit permanente.
La loi Lagarde de 2010 a imposé que le consommateur puisse choisir entre crédit amortissable et renouvelable au-delà de 1 000 €. En pratique, l’option amortissable est rarement mise en avant sur le terminal de paiement, et les vendeurs en magasin ne sont pas formés pour expliquer la différence. Le crédit facile d’accès en point de vente masque souvent cette réalité.
Quand le revolving a du sens malgré tout (et comment l’utiliser sans piège)
Le crédit renouvelable n’est pas intrinsèquement une arnaque. Il a un usage rationnel : financer des dépenses ponctuelles de faible montant (200 à 800 €) avec un remboursement rapide sur un ou deux mois. Dans ce cas, le coût total des intérêts reste marginal, et la souplesse de la réserve disponible peut être un avantage réel face à un découvert bancaire facturé à des agios comparables.
Le piège commence quand le remboursement s’étale. Un revolving de 3 000 € remboursé au minimum mensuel sur 36 mois peut coûter plus de 1 200 € d’intérêts. La règle opérationnelle est simple : si vous ne pouvez pas rembourser l’utilisation en moins de trois mois, un prêt personnel sera toujours moins cher. Et si vous avez déjà plusieurs lignes de crédit renouvelable actives, un rachat de crédits devient mathématiquement préférable.
Ce que les organismes vérifient vraiment avant d’accepter votre dossier
Les critères d’acceptation sont rarement détaillés dans les conditions générales. Chaque organisme applique ses propres seuils, mais la mécanique de fond reste la même partout.
FICP, taux d’endettement, reste à vivre : la hiérarchie réelle des critères de refus
Le premier filtre est binaire : la consultation du FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers), tenu par la Banque de France. Si vous y êtes inscrit, la quasi-totalité des organismes classiques refusent automatiquement le dossier, sans même examiner vos revenus. Pour les personnes dans cette situation, les options se limitent au crédit entre particuliers ou aux solutions FICP.
Le deuxième filtre est le taux d’endettement, qui ne doit pas dépasser 33 à 35 % des revenus nets. Mais ce seuil est trompeur, car ce qui compte réellement pour l’algorithme, c’est le reste à vivre après paiement de toutes les charges fixes. Un ménage qui gagne 5 000 € nets avec 1 600 € de charges sera mieux noté qu’un ménage à 2 500 € avec 700 € de charges, même si les deux affichent un taux d’endettement similaire. Le reste à vivre intègre aussi le nombre de personnes à charge, le loyer ou le crédit immobilier en cours, et parfois même la zone géographique.
Fichage Banque de France : durée, conséquences, et comment vérifier soi-même gratuitement
L’inscription au FICP dure 5 ans maximum en cas de procédure de surendettement, et 5 ans pour un simple incident de paiement (qui peut être levé dès régularisation). Ce que beaucoup ignorent, c’est que vous pouvez vérifier gratuitement votre situation en écrivant à la Banque de France ou en vous rendant dans une succursale avec une pièce d’identité. Le service est entièrement gratuit, contrairement à ce que laissent entendre certains sites qui facturent une « vérification de fichage ».
Un point rarement mentionné : le fichage au FICP n’est pas la seule base consultée. Certains organismes croisent également le FCC (Fichier Central des Chèques) et leurs propres fichiers internes de clients. Un rejet de prélèvement chez Cofidis il y a trois ans peut suffire à bloquer un dossier chez Créatis, puisque les deux appartiennent au même groupe.
Pourquoi un organisme vous refuse pendant qu’un autre vous accepte le même jour
Chaque organisme utilise son propre modèle de scoring, avec des pondérations différentes. Cetelem accorde plus de poids à l’ancienneté professionnelle, là où Younited valorise davantage la régularité des flux bancaires. Un profil freelance avec des revenus irréguliers mais un historique bancaire impeccable sera refusé chez l’un et accepté chez l’autre.
Il y a aussi une logique d’appétence commerciale : un organisme qui a déjà atteint son plafond d’exposition sur un segment de risque donné (par exemple les CDD de moins de 12 mois) refusera mécaniquement les dossiers de cette catégorie, indépendamment de leur qualité individuelle. C’est pourquoi multiplier les demandes auprès d’organismes de groupes différents est une stratégie pertinente. Attention cependant : chaque demande génère une consultation du FICP, et un trop grand nombre de consultations en peu de temps peut être interprété comme un signal de fragilité financière.
Fintechs vs organismes historiques : le match n’est pas celui qu’on vous vend
Les fintechs sont souvent présentées comme la solution miracle face aux organismes traditionnels. La réalité est plus nuancée : elles excellent sur certains profils et s’avèrent inadaptées pour d’autres.
Younited, Floa, Yelloan : ce qui justifie des taux plus bas (et les contreparties)
Younited Credit affiche des taux compétitifs parce que son modèle de refinancement ne repose pas sur des dépôts bancaires classiques mais sur des fonds institutionnels. Moins de coûts de structure, pas d’agence physique, pas de crédit renouvelable dans le catalogue : la marge se concentre sur le prêt personnel amortissable. Résultat : des TAEG souvent 1 à 3 points inférieurs aux filiales de BNP ou Crédit Mutuel sur les profils bien notés.
La contrepartie est une sélectivité plus forte en amont. Younited refuse proportionnellement plus de dossiers que Cetelem ou Cofidis, car son modèle économique ne tolère pas un taux de défaut élevé. Yelloan fonctionne sur une logique similaire mais avec des montants plus limités. Quant à Floa, depuis son intégration dans le giron BNP Paribas, ses taux se sont progressivement alignés sur ceux du groupe.
Le micro-crédit instantané (Finfrog, Cashper, Lydia) : rapidité contre coût réel annualisé
Les applications de micro-crédit promettent des fonds en quelques heures, sans justificatif, pour des montants de 100 à 1 500 €. Le parcours est fluide et le taux affiché peut sembler raisonnable. Mais le piège est dans le calcul annualisé : un microcrédit de 300 € remboursé en 3 mois avec 15 € de frais représente un TAEG réel supérieur à 20 %.
Finfrog, par exemple, facture des frais fixes par tranche de montant et par durée. Cashper fonctionne sur un modèle similaire. Lydia a intégré une offre de crédit via un partenariat, avec des conditions qui varient selon le profil. Ces solutions ont un usage légitime pour un besoin de trésorerie ponctuel et urgent, mais elles deviennent coûteuses dès que le montant dépasse 500 € ou que le remboursement s’étale au-delà de deux mois.
Les limites concrètes du 100 % en ligne quand votre dossier sort du standard
Le tout-digital fonctionne parfaitement pour les profils standards : CDI, revenus réguliers, pas d’incident bancaire. Dès que le dossier présente une particularité (revenus mixtes, expatriation récente, profession libérale avec bilan en cours, pension alimentaire comme revenu principal), les algorithmes automatisés peinent à traiter la demande correctement.
Dans ces cas, le dossier est soit refusé automatiquement, soit redirigé vers un traitement manuel qui rallonge les délais de plusieurs jours à plusieurs semaines. C’est précisément sur ces profils atypiques que les organismes historiques avec des agences ou des conseillers dédiés conservent un avantage réel. Une banque en ligne proposant du crédit ne remplacera pas un rendez-vous physique quand il faut expliquer un bilan comptable ou justifier une source de revenus non conventionnelle.
Passer par un courtier ou comparer soi-même : ce qui rapporte réellement plus
La question revient systématiquement quand on cherche un crédit conso. Le réflexe est d’aller sur un comparateur en ligne. Mais le fonctionnement de ces plateformes mérite d’être compris avant de leur accorder une confiance aveugle.
Le modèle de rémunération du courtier et son impact sur l’offre qu’il vous propose
Un courtier en crédit est rémunéré par l’organisme prêteur, sous forme de commission proportionnelle au montant du crédit souscrit. Ce modèle crée un biais structurel : le courtier a intérêt à vous orienter vers l’organisme qui lui verse la meilleure commission, pas nécessairement celui qui propose le meilleur taux pour votre profil.
En pratique, certains courtiers travaillent avec un panel restreint de partenaires (parfois trois ou quatre organismes seulement). Quand un courtier vous dit avoir « comparé le marché », il a comparé son panel. Pour un prêt personnel classique de 5 000 à 20 000 €, la plus-value du courtier est souvent marginale. Elle devient pertinente sur des montants élevés (au-delà de 30 000 €) ou sur des dossiers complexes (rachat de crédits, profil avec incidents régularisés) où la négociation humaine fait une différence mesurable.
Les comparateurs en ligne (LesFurets, Meilleurtaux) : partenaires affichés ≠ meilleure offre du marché
LesFurets et Meilleurtaux sont des apporteurs d’affaires. Les organismes qui apparaissent dans leurs résultats sont ceux qui ont signé un partenariat commercial avec la plateforme. Un organisme absent du comparateur peut très bien proposer un taux inférieur pour votre profil. Les résultats affichés ne sont pas un classement objectif du marché, mais un classement des partenaires.
De plus, les taux affichés dans les résultats de simulation sont souvent des taux « d’appel », recalculés une fois le dossier réellement soumis. Il n’est pas rare de simuler un TAEG de 3,5 % sur un comparateur et de recevoir une offre ferme à 7 ou 8 %. Le comparateur reste un outil utile pour avoir un premier aperçu, mais il ne remplace pas une démarche directe auprès de deux ou trois organismes de groupes différents.
La méthode pour obtenir un taux inférieur à toute simulation en ligne
La technique la plus efficace est aussi la plus simple : obtenir deux offres fermes (pas des simulations) auprès de deux organismes de groupes différents, puis contacter le troisième en mentionnant les conditions déjà obtenues. Un conseiller Cetelem qui sait que vous avez une offre Cofidis à 4,2 % et une offre Younited à 3,8 % dispose d’une marge de négociation que l’algorithme en ligne ne propose pas.
Cette approche fonctionne surtout pour des montants supérieurs à 10 000 € et des durées de 24 à 60 mois, là où la marge de l’organisme est suffisante pour justifier un geste commercial. En dessous de 5 000 €, les taux sont plus rigides et la négociation n’apporte généralement pas plus de 0,2 à 0,3 point. Pour comparer méthodiquement, un bon point de départ reste le comparatif Cetelem vs Sofinco qui illustre bien les écarts entre filiales du même groupe.
Les erreurs de timing qui coûtent cher sur un crédit conso
Le moment où vous souscrivez un crédit conso peut peser autant que le taux lui-même. Certaines décisions prises par méconnaissance du calendrier financier ont des conséquences sur plusieurs années.
Emprunter juste avant un achat immobilier : l’effet sur votre capacité d’emprunt
Un crédit conso en cours apparaît dans votre taux d’endettement lors d’une demande de prêt immobilier. Un crédit de 300 €/mois de mensualité réduit votre capacité d’emprunt immobilier d’environ 50 000 à 60 000 € (sur la base d’un taux immobilier à 3,5 % sur 25 ans). Ce calcul est rarement anticipé par les emprunteurs qui souscrivent un crédit auto ou travaux quelques mois avant de chercher un bien.
La parade existe : solder le crédit conso avant de déposer le dossier immobilier. Mais attention, le remboursement anticipé doit apparaître sur vos relevés bancaires au moins deux à trois mois avant la demande de prêt pour que la banque le prenne en compte dans le calcul d’endettement. Un crédit soldé la veille du rendez-vous ne change rien à l’analyse du dossier.
Rembourser par anticipation : pénalités réelles vs économie d’intérêts
Le Code de la consommation plafonne les indemnités de remboursement anticipé à 1 % du montant restant dû si le délai restant est supérieur à un an, et 0,5 % s’il est inférieur. En pratique, pour un crédit à la consommation de moins de 10 000 €, de nombreux organismes ne facturent aucune pénalité, car le Code interdit toute indemnité en dessous de 10 000 € de capital restant dû.
L’économie d’intérêts est maximale dans les premières années du prêt, quand la part d’intérêts dans la mensualité est la plus élevée. Sur un prêt de 15 000 € à 6 % sur 60 mois, un remboursement anticipé à mi-parcours permet d’économiser environ 700 à 900 € d’intérêts. Le calcul vaut toujours la peine d’être fait, surtout si vous disposez d’une rentrée d’argent ponctuelle.
Le rachat de crédits comme produit de marge déguisé en solution de sauvetage
Le rachat de crédits est présenté par les organismes comme une solution pour « réduire ses mensualités ». C’est techniquement vrai : en allongeant la durée de remboursement, la mensualité baisse. Mais le coût total du crédit augmente quasi systématiquement, parfois de manière significative.
Un rachat de trois crédits totalisant 18 000 € à un TAEG moyen de 7 % sur 36 mois restants, regroupés en un seul prêt sur 72 mois à 5,5 %, peut sembler avantageux. En réalité, le coût total des intérêts passe d’environ 1 900 € à 3 200 €. L’organisme qui réalise le rachat perçoit en plus des frais de dossier et, souvent, place une assurance emprunteur sur le nouveau contrat. Le rachat n’est financièrement pertinent que dans deux cas précis : quand le taux du nouveau prêt est significativement inférieur à la moyenne pondérée des anciens, ou quand la réduction de mensualité est indispensable pour éviter un défaut de paiement imminent.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un crédit conso en étant fiché Banque de France ?
Le fichage au FICP bloque l’accès à la quasi-totalité des organismes de crédit classiques (Cetelem, Cofidis, Younited, Sofinco). Les seules alternatives réalistes sont le prêt entre particuliers pour les personnes fichées FICP, le microcrédit social accompagné par une association agréée (comme l’ADIE ou le Secours Catholique), ou un prêt familial formalisé par un acte sous seing privé. Les offres en ligne qui promettent un « crédit sans vérification FICP » sont soit illégales, soit des arnaques. Tout organisme agréé par l’ACPR est tenu de consulter le fichier avant d’accorder un financement.
Combien de temps faut-il pour recevoir les fonds après acceptation du dossier ?
Le délai légal de rétractation est de 14 jours calendaires après signature du contrat. Certains organismes permettent de renoncer à ce délai pour accélérer le déblocage (c’est le cas chez Cofidis ou Younited, sous conditions). Dans ce cas, les fonds peuvent être virés sous 48 à 72 heures après validation du dossier. Sans renonciation, comptez entre 15 et 20 jours entre la signature et la réception effective des fonds. Les offres de microcrédit rapide échappent partiellement à ce calendrier grâce à des montants inférieurs au seuil de rétractation, mais les délais annoncés (« fonds en 24h ») restent souvent optimistes.
Un crédit conso refusé chez un organisme impacte-t-il les demandes suivantes ?
Le refus lui-même n’est pas enregistré dans un fichier centralisé. En revanche, chaque demande de crédit génère une consultation du FICP, et certains organismes tracent ces consultations dans leurs outils internes. Trois ou quatre consultations en moins d’un mois peuvent être interprétées comme un signe de « shopping crédit » et dégrader légèrement le scoring chez certains prêteurs. La bonne pratique est d’espacer ses demandes de deux à trois semaines et de cibler des organismes de groupes bancaires différents plutôt que de multiplier les formulaires au hasard.
Les taux des organismes de crédit sont-ils négociables ?
Sur les offres en ligne avec souscription automatisée, le taux est calculé par algorithme et n’est pas négociable au sens classique. En revanche, pour des montants supérieurs à 10 000 € et lorsque vous disposez d’une offre concurrente documentée, certains organismes (notamment ceux disposant de conseillers téléphoniques comme Cetelem, Sofinco ou Cofidis) peuvent proposer un ajustement de 0,3 à 0,8 point de TAEG. La marge de manœuvre est plus importante sur les durées longues (48 à 84 mois), où le gain pour l’organisme est plus élevé et où il peut concéder un geste sans compromettre sa rentabilité.
Quelle différence entre un organisme de crédit et une banque pour un prêt conso ?
La différence principale est réglementaire : une banque est un établissement de crédit généraliste autorisé à recevoir des dépôts, gérer des moyens de paiement et distribuer du crédit. Un organisme de crédit spécialisé ne peut légalement que distribuer du crédit (et éventuellement des produits d’assurance associés). En pratique, pour l’emprunteur, cela se traduit par deux choses. Les organismes spécialisés proposent des parcours de souscription plus rapides et des taux souvent plus compétitifs sur le crédit conso, car c’est leur cœur de métier. Les banques, en revanche, sont les seules à pouvoir proposer un prêt immobilier, et elles peuvent intégrer le crédit conso dans une négociation globale (taux préférentiel si vous domiciliez vos revenus, par exemple).