Le CDI n’est inscrit dans aucun texte comme condition d’un crédit immobilier. Aucune loi ne l’exige. Ce que la banque évalue, c’est la régularité de vos revenus dans le temps, pas l’intitulé de votre contrat. Un salarié en CDD reconduit depuis trois ans, un intérimaire totalisant 1 600 heures ou un indépendant avec deux bilans positifs peuvent obtenir un financement.
Le dossier demande simplement plus de préparation. Cette page détaille ce que regardent vraiment les établissements, les conditions exactes selon votre statut, et les leviers concrets pour faire passer votre demande.
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Pourquoi la banque préfère le CDI, et ce qu’elle regarde vraiment
Le CDI reste la référence parce qu’il signale une chose à la banque : des revenus qui ne s’arrêteront pas le mois prochain. Un contrat temporaire fait peur pour la raison inverse. Mais la stabilité se prouve autrement qu’avec un type de contrat, et les conditions changent fortement selon votre profil d’emprunteur.
Le CDI rassure, mais il n’est obligatoire nulle part
Aucune disposition du Code de la consommation ne conditionne un prêt à la nature du contrat de travail. Les établissements ont d’ailleurs adapté leurs grilles à l’essor des statuts indépendants et des contrats courts reconduits. Crédit Mutuel et CIC proposent même un prêt dédié aux nouvelles formes d’emploi.
Le refus n’est donc jamais automatique. Il découle d’une analyse de risque, pas d’un principe. C’est cette nuance qui ouvre la porte aux dossiers atypiques bien construits.
Les quatre critères qui pèsent plus que le contrat
La banque concentre son attention sur la régularité des revenus, prouvée et récurrente sur plusieurs années. Vient ensuite le taux d’endettement, plafonné à 35 % des revenus nets, assurance comprise. Cette règle du HCSF s’applique à tout le monde, avec ou sans CDI.
Les deux derniers piliers sont l’historique bancaire, soit des relevés sans incident ni découvert répété, et le reste à vivre une fois les charges payées. Un dossier sans CDI mais propre sur ces quatre points vaut mieux qu’un CDI mal géré.
Le plafond d’endettement de 35 % est fixé par le HCSF depuis le 1er janvier 2022 et maintenu en 2026. Les banques peuvent y déroger pour 20 % de leur production trimestrielle, en priorité pour les primo-accédants de moins de 40 ans.
Les conditions exactes selon votre statut
Tous les profils sans CDI ne se valent pas aux yeux d’un conseiller. L’ordre de préférence va du fonctionnaire titularisé jusqu’à l’intérimaire, en passant par le CDD ancien et l’indépendant aux bilans solides. Chaque statut a ses justificatifs et son seuil d’ancienneté.
CDD et intérim : l’ancienneté avant tout
Pour un dossier en prêt immobilier avec un CDD, les banques demandent généralement 2 ans d’activité continue dans le même secteur, sans interruption. L’intérim suit la même logique, avec souvent une exigence de 1 600 heures cumulées et une mission en cours au moment de la demande.
Les CDD de la fonction publique passent plus facilement, perçus comme stables avec 2 à 3 ans dans une administration. Pour les contrats privés, certaines banques réclament les preuves de revenus des trois dernières années.
Indépendants et professions libérales : la preuve par les bilans
Un travailleur indépendant doit justifier d’environ 3 ans d’activité. La banque examine les deux à trois derniers bilans, les avis d’imposition, et retient une moyenne des bénéfices réels. Le statut d’auto-entrepreneur emprunteur obéit aux mêmes règles de récurrence.
Le secteur joue aussi. Un médecin ou un avocat en prêt immobilier profession libérale rassure davantage qu’un nouveau métier technique mal connu du conseiller. Un prêt immobilier en gérant de SARL exige les deux derniers bilans de la société plus un arrêté comptable en cours.
| Statut | Ancienneté attendue | Justificatifs clés |
|---|---|---|
| CDD privé | 2 ans même secteur | Bulletins de salaire, contrats |
| Intérim | 1 600 h + mission en cours | Attestations, relevés d’activité |
| Indépendant / libéral | 3 ans d’activité | 2 à 3 bilans, avis d’imposition |
| Gérant SARL | 2 bilans positifs | Bilans société + arrêté en cours |
Le poids du co-emprunteur en CDI
Emprunter à deux change la donne quand l’un des deux est en CDI. Sa stabilité compense le statut précaire de l’autre et débloque souvent le dossier. À l’inverse, un couple intégralement en CDD reste compliqué à financer sans garantie supplémentaire.
Quand les deux signataires affichent un emploi stable, le prêt immobilier à deux CDI reste évidemment le scénario le plus simple. Mais le cautionnement permet aussi de sécuriser un dossier sans CDI, en attendant.
Pour les revenus variables, la banque applique une moyenne lissée sur 3 ans via vos déclarations fiscales. Si votre dernière année est mauvaise, présenter cette moyenne triennale joue en votre faveur plutôt que le seul dernier exercice.
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Comment muscler un dossier sans CDI
À ancienneté et revenus égaux, c’est la qualité du montage qui fait la décision. Trois leviers compensent l’absence de contrat à durée indéterminée et rapprochent un dossier atypique d’une acceptation.
Apport et épargne résiduelle
Un apport de 10 à 20 % du prix couvre les frais de notaire et réduit le risque pour la banque. Il peut faire baisser le taux de 0,1 à 0,3 point et débloquer une dérogation. Sans CDI, c’est l’un des arguments les plus efficaces.
Conserver une épargne de précaution après l’achat pèse tout autant. Elle montre que vos finances absorbent un imprévu sans menacer les mensualités. Cette épargne résiduelle rassure plus qu’un apport intégralement vidé.
Caution, garant ou garantie hypothécaire
Une caution d’organisme, un garant solvable ou une garantie hypothécaire renforcent la crédibilité d’un profil instable. Ces sécurités donnent à la banque un recours si les revenus venaient à chuter. Elles transforment souvent un refus en accord sous conditions.
Les erreurs qui plombent un dossier
Multiplier les demandes en parallèle laisse des traces et signale une recherche désespérée de financement. Solder un crédit conso juste avant de déposer le dossier améliore le taux d’endettement, à condition d’anticiper le délai de mise à jour des fichiers.
Après le remboursement d’un crédit, les informations peuvent rester visibles 30 à 60 jours dans les fichiers consultés par les banques. Soldez vos crédits en cours plusieurs semaines avant de déposer une demande de prêt immobilier.
Les prêts et aides adaptés aux profils sans CDI
Plusieurs dispositifs réduisent le capital emprunté au taux du marché. Ils allègent les mensualités et compensent un dossier jugé moins solide. Pour un primo-accédant sans CDI, ils peuvent faire la différence entre un refus et un accord.
PTZ, Action Logement et prêts aidés
Le PTZ est accessible sur tout le territoire depuis 2025, maisons neuves comprises. Il finance une part importante du projet à 0 % et reste cumulable avec un prêt classique. Le projet de loi de finances 2026 prévoit une revalorisation des plafonds d’environ 25 %.
Le prêt Action Logement s’adresse aux salariés du privé, y compris en CDD selon l’ancienneté, dans une entreprise cotisante. Le prêt d’accession sociale peut couvrir jusqu’à 100 % de l’opération hors frais, pour les ménages modestes.
Les offres dédiées aux nouvelles formes d’emploi
Certaines banques ont créé des produits spécifiques. Le prêt nouvelles formes d’emploi de Crédit Mutuel et CIC cible précisément les indépendants, freelances et contrats courts. Il reste compatible avec le PTZ pour un primo-accédant.
Les banques mutualistes se montrent historiquement plus souples sur l’apport et l’âge. Les banques en ligne affichent des taux agressifs mais des critères plus stricts, moins favorables aux profils atypiques.
En cumulant PTZ + Action Logement + aides locales, certains primo-accédants financent jusqu’à 40 % de leur projet à taux réduit ou nul. De quoi alléger nettement la part empruntée au taux du marché, CDI ou non.
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Questions fréquentes
Peut-on vraiment obtenir un crédit immobilier en CDD ?
Oui. Les banques demandent généralement 2 ans d’activité continue dans le même secteur, sans interruption. Un CDD dans la fonction publique passe plus facilement. Emprunter avec un co-emprunteur en CDI augmente nettement les chances d’acceptation.
Combien d’ancienneté faut-il sans CDI ?
Comptez environ 3 ans dans la même activité pour un indépendant, 2 ans de même secteur pour un CDD ou un intérimaire. L’objectif est de prouver à la banque que vos revenus sont réguliers et durables, pas ponctuels.
Un intérimaire peut-il emprunter pour acheter ?
Oui, sous conditions. La banque attend souvent 1 600 heures d’ancienneté en intérim et une mission en cours lors de la demande. Les secteurs en tension comme la santé ou la tech bénéficient parfois de produits dédiés.
Faut-il un apport plus important sans CDI ?
C’est fortement conseillé. Un apport de 10 à 20 % rassure la banque, peut faire baisser le taux et ouvrir une dérogation HCSF. Conserver une épargne de précaution après l’achat compte presque autant que l’apport lui-même.
Le co-emprunteur en CDI est-il obligatoire ?
Non, mais il facilite beaucoup le dossier. Un couple intégralement en CDD reste difficile à financer sans garantie. À défaut de co-emprunteur stable, une caution ou un garant solvable peut jouer le même rôle de sécurité.
Conditions soumises à étude et acceptation du dossier par l’organisme prêteur. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.