My Money Bank n’est ni l’arnaque que décrivent certains forums, ni la solution miracle vantée par les comparateurs de crédit. C’est un organisme spécialisé dans le rachat de crédit qui accepte des profils refusés par les banques classiques, mais à des conditions que la plupart des emprunteurs ne mesurent pas au moment de signer. Le problème ne vient pas de l’offre elle-même. Il vient du décalage entre ce qui est présenté avant la signature et ce qui se passe après : frais de gestion opaques, rigidité sur les remboursements anticipés, service client qui change de ton une fois le dossier bouclé. Les avis positifs portent sur l’accueil initial. Les avis négatifs portent sur la vie du crédit. Ce sont deux expériences différentes, et cet article les distingue pour vous aider à décider si My Money Bank correspond réellement à votre situation ou si vous devriez regarder ailleurs.
Une banque de rachat de crédit détenue par un fonds vautour, et ce que ça change pour vous
L’identité réelle de My Money Bank se lit dans sa structure capitalistique, pas dans ses plaquettes. Comprendre qui la possède, c’est anticiper sa logique de rentabilité et les arbitrages qu’elle fera quand votre dossier posera question.
De la SOVAC de Citroën à Cerberus Capital : pourquoi l’actionnaire change tout dans la relation client
My Money Bank aime rappeler que ses origines remontent à 1919, quand André Citroën créait la SOVAC pour financer ses automobiles. C’est historiquement exact. Ce qui l’est aussi, c’est que la SOVAC a été rachetée par General Electric en 1995, transformée en GE Money Bank, puis revendue en 2016 au fonds américain Cerberus Capital Management. Le nom a changé en 2017, mais l’ADN de l’entreprise a muté bien avant. Cerberus n’est pas un acteur bancaire traditionnel. C’est un fonds d’investissement privé basé à New York, spécialisé dans le rachat d’actifs décotés ou en difficulté, avec plus de 53 milliards de dollars sous gestion. Son modèle repose sur l’extraction de valeur à moyen terme, pas sur la construction d’une relation bancaire longue. Concrètement, pour un emprunteur, cela signifie que les décisions stratégiques de My Money Bank ne sont pas guidées par la fidélisation client, mais par les attentes de rendement d’un fonds dont l’horizon de sortie est programmé.
My Money Bank se dit « banque indépendante », elle appartient à un fonds américain spécialisé dans les actifs en difficulté
Sur son site, My Money Bank se présente comme « la seule banque indépendante du marché du regroupement de crédits ». Le mot « indépendante » est techniquement défendable : elle n’est adossée à aucun groupe bancaire français. Mais l’indépendance suppose une autonomie stratégique. My Money Bank est contrôlée par Cerberus via la holding Promontoria MMB, une société de droit néerlandais. La gouvernance est exercée depuis New York. L’indépendance ici ne signifie pas liberté d’action au service du client : elle signifie absence de rattachement à un réseau bancaire qui pourrait imposer des standards de service retail. Pour un emprunteur, cette « indépendance » se traduit par un interlocuteur unique sur le rachat de crédit, ce qui peut être un avantage opérationnel, mais aussi par l’absence de filet de sécurité en cas de litige. Vous ne traitez pas avec une banque mutualiste qui a des comptes à rendre à ses sociétaires, mais avec un véhicule d’investissement.
Le retrait des Antilles, l’abandon de l’épargne en 2024, les 1 400 suppressions de postes au CCF : les signaux d’un recentrage brutal
En août 2023, My Money Group a fermé l’intégralité des agences de sa filiale Banque des Caraïbes en Martinique, Guadeloupe et Guyane. En 2024, les produits d’épargne (livret, comptes à terme) ont été retirés de l’offre métropolitaine. Fin 2024, le groupe CCF (nouvelle dénomination de My Money Group après le rachat de HSBC France) a annoncé la suppression de 1 400 emplois sur 3 900 et la fermeture de 84 agences, principalement à Paris. Ce n’est pas un ajustement mineur. C’est le comportement classique d’un fonds de private equity qui concentre les ressources sur les activités les plus rentables par euro investi, en l’occurrence le rachat de crédit hypothécaire, et qui taille dans tout le reste. Pour un emprunteur en cours de remboursement chez My Money Bank, la question n’est pas abstraite : le service client, les équipes de gestion, les interlocuteurs dédiés dépendent directement de ces arbitrages budgétaires.
4,5 étoiles sur leur site, avis dévastateurs sur Trustpilot : comment lire les avis My Money Bank sans se faire piéger
La note affichée par My Money Bank sur son propre site ne raconte qu’une partie de l’histoire. L’écart avec les plateformes indépendantes révèle un biais structurel que les comparateurs d’organismes de crédit ne corrigent presque jamais.
Pourquoi les avis affichés par My Money Bank ne sont pas représentatifs de l’expérience post-signature
My Money Bank affiche une note moyenne de 4,5 étoiles sur mymoneybank.fr, alimentée par des témoignages sélectionnés. Ces avis portent quasi exclusivement sur la phase de souscription : qualité de l’accueil, réactivité du conseiller, rapidité du montage de dossier. C’est la partie de l’expérience que My Money Bank maîtrise le mieux, car c’est celle qui génère le chiffre d’affaires. Sur Trustpilot, la tonalité est radicalement différente. Les clients qui prennent le temps d’écrire un avis après la signature le font parce qu’ils rencontrent un problème : refus de remboursement anticipé, frais imprévus, service client injoignable ou condescendant. Ce biais de sélection est classique dans le crédit. Les clients satisfaits n’ont aucune raison de retourner donner leur avis six mois après. Les clients frustrés, si. L’erreur serait de considérer l’un ou l’autre comme la vérité complète. La lecture utile consiste à pondérer : les avis positifs reflètent la qualité commerciale, les avis négatifs reflètent la qualité de gestion.
Les plaintes récurrentes que les comparateurs ne reprennent jamais : 30 € pour connaître son capital restant dû, refus de remboursement anticipé, service recouvrement agressif
Certains irritants reviennent sur Trustpilot et Hellomonnaie avec une régularité qui exclut le cas isolé. Premier point : des clients rapportent avoir été facturés 30 euros simplement pour obtenir le montant de leur capital restant dû. Dans la plupart des banques de réseau, cette information est accessible gratuitement depuis l’espace client. Deuxième point : des emprunteurs souhaitant rembourser par anticipation, parfois suite à un héritage, se heurtent à des refus ou à des délais anormalement longs, alors que le Code de la consommation garantit ce droit. Troisième point : le ton du service recouvrement est régulièrement qualifié d’agressif et condescendant, avec des témoignages mentionnant des remarques déplacées sur les choix professionnels des emprunteurs. Ces éléments ne figurent dans aucun comparateur majeur, qui se contentent de synthétiser « points forts / points faibles » sans aller lire les avis détaillés.
Le schéma type de l’avis négatif My Money Bank : satisfaction à la souscription, conflit à la gestion
Le pattern est reproductible. Phase 1 : le prospect remplit un formulaire en ligne, un conseiller le rappelle rapidement, se montre à l’écoute, constitue le dossier avec diligence. L’avis à ce stade serait 5 étoiles. Phase 2 : le crédit est signé, les anciens prêts sont soldés, l’emprunteur entre dans la phase de remboursement. Phase 3 : un événement survient (demande de remboursement anticipé partiel, changement de situation professionnelle, besoin de report d’échéance, vente du bien hypothéqué). C’est à ce moment que le décalage apparaît. Les demandes prennent des semaines, les réponses sont hors sujet, les frais s’accumulent. Un client demande un rallongement de durée prévu dans son contrat et reçoit une réponse concernant une suspension de prêt qu’il n’a jamais sollicitée. Ce n’est pas de l’incompétence isolée : c’est le symptôme d’un back-office dimensionné pour la production, pas pour le service après-vente.
Rachat de crédit My Money Bank : le mécanisme réel derrière la « mensualité allégée »
Le rachat de crédit est l’activité principale de My Money Bank et son argument commercial central. Mais la promesse d’une mensualité réduite masque un mécanisme arithmétique qu’il faut décomposer avant de signer quoi que ce soit.
L’exemple officiel décrypté : 200 000 € sur 20 ans, TAEG 5,34 %, coût total 119 000 € d’intérêts
Sur ses propres pages de mentions légales, My Money Bank donne un exemple représentatif : un regroupement de crédits de 200 000 € sur 20 ans avec un TAEG de 5,34 %, pour un montant total dû de 313 869 €. Autrement dit, l’emprunteur paie 119 139 € d’intérêts et de frais en plus du capital emprunté. La mensualité est effectivement plus basse que la somme des anciennes mensualités. Mais le coût total du crédit augmente mécaniquement avec la durée. Un emprunteur qui passait de 1 200 € par mois sur 8 ans à 900 € par mois sur 20 ans « gagne » 300 € de trésorerie mensuelle. Il perd potentiellement des dizaines de milliers d’euros sur la durée totale. Le crédit à la consommation classique n’a pas cette mécanique d’allongement aussi marquée. Le rachat de crédit, si. Et My Money Bank ne met pas ce chiffre en avant dans sa communication commerciale.
Frais de dossier, IRA des anciens prêts, hypothèque notariée, assurance emprunteur : le vrai coût d’entrée dans un rachat My Money Bank
Le TAEG affiché inclut théoriquement l’ensemble des frais. En pratique, certains coûts méritent d’être isolés pour comprendre ce que vous payez réellement. Les frais de dossier sont facturés par My Money Bank pour le montage du nouveau prêt. Les indemnités de remboursement anticipé (IRA) dues sur vos anciens crédits, plafonnées par la loi, sont intégrées dans le montant emprunté, ce qui signifie que vous les remboursez avec intérêts. Si le rachat est hypothécaire, il faut ajouter les frais de notaire pour l’inscription hypothécaire, plus les frais d’expertise immobilière. L’assurance emprunteur, présentée comme facultative, est en pratique quasi systématiquement exigée pour les profils que My Money Bank accepte. Ces coûts cumulés peuvent représenter 5 à 10 % du montant total de l’opération, absorbés dans la mensualité et donc invisibles au quotidien, mais bien réels sur le tableau d’amortissement.
Pourquoi My Money Bank accepte les profils à taux d’endettement élevé, et pourquoi c’est vous qui payez ce risque
C’est un argument récurrent dans les avis positifs : « My Money Bank a accepté mon dossier là où toutes les autres banques avaient refusé. » C’est exact. My Money Bank est structurellement conçue pour absorber des profils à risque plus élevé que la moyenne. Mais cette tolérance a un prix. Le taux proposé est ajusté au risque perçu : plus votre profil est fragile, plus le TAEG sera élevé. La prise d’hypothèque sur votre bien immobilier sert de filet de sécurité pour la banque, pas pour vous. Si vous ne pouvez plus rembourser, My Money Bank peut faire saisir et vendre le bien. Le fait d’être accepté ne signifie pas que l’opération est avantageuse pour vous. Dans certains cas, un dossier de surendettement auprès de la Banque de France aurait été une option plus protectrice qu’un rachat de crédit à TAEG élevé sur 25 ans. Personne chez My Money Bank ne vous suggérera cette piste.
Passer par un courtier ou aller en direct chez My Money Bank : l’arbitrage que personne ne pose clairement
My Money Bank distribue ses produits via deux canaux : les courtiers en rachat de crédit (IOBSP) et la demande directe sur son site. Le choix du canal a un impact concret sur le coût final et sur votre capacité à négocier.
Le canal courtier évite le refus mais ajoute 1 à 4 % de frais d’intermédiation sur le montant total
La majorité des clients arrivent chez My Money Bank par l’intermédiaire d’un courtier. L’avantage est réel : le courtier connaît les critères d’acceptation, prépare le dossier pour maximiser les chances, et gère la relation avec la banque. L’inconvénient est tout aussi concret. Le courtier se rémunère via des frais d’intermédiation, généralement compris entre 1 et 4 % du montant total de l’opération. Sur un rachat de 100 000 €, cela représente de 1 000 à 4 000 € de frais supplémentaires, intégrés dans le montant emprunté. Vous les remboursez donc avec intérêts sur toute la durée du prêt. Certains clients rapportent avoir découvert ces frais tardivement, parfois après avoir signé, en relisant leur contrat. La transparence varie considérablement d’un courtier à l’autre, comme le montrent les avis de clients d’autres organismes de crédit.
Aller en direct peut supprimer les frais de courtage, mais vous perdez la mise en concurrence avec d’autres organismes
My Money Bank propose un formulaire de demande directe sur son site. L’avantage principal : pas de frais de courtage. L’inconvénient majeur : vous n’avez aucun levier de négociation. Un courtier met en concurrence My Money Bank avec d’autres acteurs du rachat de crédit (Sygma Banque, Créatis, CGI, etc.) et peut obtenir des conditions plus favorables grâce à ce jeu de mise en concurrence. En passant en direct, vous recevez une offre unique, calculée selon les grilles internes de My Money Bank, sans possibilité de la challenger. Pour un profil standard, la différence de taux entre le canal courtier et le canal direct peut être marginale. Pour un profil complexe (taux d’endettement élevé, revenus irréguliers), le courtier peut obtenir un taux sensiblement meilleur que celui que My Money Bank vous proposerait spontanément.
Le cas concret : les clients qui ont économisé les frais de courtier… et ceux qui ont découvert un taux plus élevé sans négociation
Sur Hellomonnaie, un emprunteur témoigne avoir économisé les frais de courtier en contactant directement My Money Bank après qu’un courtier lui avait annoncé l’acceptation de son dossier. La manœuvre a fonctionné, mais elle suppose de connaître à l’avance le nom de l’organisme prêteur, ce que tous les courtiers ne divulguent pas avant la signature. À l’inverse, des emprunteurs passés en direct rapportent avoir obtenu un TAEG plus élevé que celui proposé par des courtiers à des profils similaires. La bonne approche consiste à demander une simulation directe à My Money Bank, puis à faire jouer un courtier sur le même dossier. Comparez le coût total du crédit (pas la mensualité) dans les deux cas, frais d’intermédiation inclus. Si l’écart ne dépasse pas quelques centaines d’euros, le courtier n’apporte rien. S’il se chiffre en milliers d’euros, le canal direct est un piège.
Ce que My Money Bank ne vous dit pas avant la signature, et qui bloque après
Les conditions contractuelles de My Money Bank sont légales. Elles sont aussi calibrées pour maximiser la rétention de l’emprunteur dans le prêt. Trois points méritent une attention particulière avant de signer.
Remboursement anticipé : une flexibilité affichée, des indemnités systématiques et un service client qui freine
Le Code de la consommation garantit à tout emprunteur le droit de rembourser son crédit par anticipation, en totalité ou partiellement. My Money Bank ne conteste pas ce droit sur le papier. En pratique, les témoignages révèlent une mécanique de friction. Les indemnités de remboursement anticipé sont systématiquement appliquées au plafond légal. Les demandes de solde anticipé mettent plusieurs semaines à être traitées. Certains clients rapportent que My Money Bank a refusé un virement provenant d’un compte épargne au motif qu’il ne s’agissait pas d’un « compte de dépôt », créant une situation où 75 000 € ont été dans un flou total pendant plusieurs jours. La différence entre « possible légalement » et « facile en pratique » est considérable, et c’est dans cet écart que se joue une partie significative de la rentabilité de My Money Bank.
Levée d’hypothèque : 160 € pour une lettre au notaire, le détail que personne ne challenge
Quand vous vendez le bien hypothéqué ou que vous soldez votre prêt, My Money Bank doit lever l’hypothèque. Cette opération nécessite l’envoi d’un courrier au notaire, que My Money Bank facture 160 € au titre des « frais de mainlevée ». Ce montant couvre l’envoi d’une lettre, dans un contexte où le notaire dispose déjà de tous les éléments du dossier. Si vous ajoutez les frais de notaire proprement dits pour la mainlevée (autour de 0,7 % du montant initial), le coût total de la sortie d’hypothèque peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Ce coût est rarement mentionné dans les simulations de rachat de crédit, ni par les courtiers, ni par My Money Bank. Il intervient au moment où l’emprunteur pense en avoir fini avec les frais.
Transfert de garantie hypothécaire : dossier complet exigé, expert mandaté, puis refus sans explication
Un cas documenté sur Hellomonnaie illustre un dysfonctionnement structurel. Un client ayant un encours de 47 000 € chez My Money Bank demande un transfert d’hypothèque de sa résidence principale vers un autre bien (valeur 150 000 €, sans hypothèque). My Money Bank exige un dossier complet : relevés bancaires, avis d’imposition sur deux ans, bulletins de salaire, tableaux d’amortissement de tous les prêts en cours, état hypothécaire notarié (payant), et expertise immobilière. Le client fournit tout, l’expert est mandaté. Puis My Money Bank refuse le transfert sans donner de motif. Le client a engagé des frais, perdu du temps, et n’a aucune voie de recours efficace. Ce type de situation ne figure dans aucune rubrique « inconvénients » des comparateurs comme La Poste ou Carrefour Banque, qui sont pourtant des alternatives bien identifiées par les emprunteurs.
My Money Bank ou un concurrent : ce qu’il faut comparer avant de signer
Le marché du rachat de crédit en France compte une dizaine d’acteurs significatifs. My Money Bank est le plus visible, pas nécessairement le plus adapté à votre profil. L’enjeu n’est pas de trouver « le meilleur » mais de comparer sur le bon critère.
Positionnement tarifaire réel : moyenne haute du marché justifiée par l’acceptation de profils refusés ailleurs
My Money Bank se situe dans la tranche haute des taux pratiqués par les établissements spécialisés en rachat de crédit. Ce positionnement n’est pas accidentel. Il est la conséquence directe de sa stratégie d’acceptation de profils à risque élevé : taux d’endettement supérieur à 35 %, revenus irréguliers, incidents bancaires passés, profils seniors. Plus le risque est élevé, plus le taux est haut. Pour un emprunteur au profil standard (CDI, taux d’endettement raisonnable, bon historique bancaire), My Money Bank n’est pas compétitive face à des offres de renégociation classiques. Pour un profil refusé partout ailleurs, elle peut être la seule option, ce qui supprime de fait toute possibilité de négociation sur le taux.
Ce que Sygma, Créatis ou CGI proposent différemment sur les mêmes profils de rachat
Sygma Banque (filiale de BNP Paribas Personal Finance) cible un public plus large avec des taux généralement plus bas, mais des critères d’acceptation plus stricts. Créatis (filiale du Crédit Mutuel Arkéa) se positionne sur des durées moyennes et privilégie les profils propriétaires avec un bon historique. CGI (Compagnie Générale d’Investissement) accepte des profils complexes mais se distingue par une communication plus transparente sur les frais. La différence fondamentale tient au modèle économique. My Money Bank, adossée à un fonds de private equity, optimise la marge par dossier. Sygma et Créatis, intégrées à des groupes bancaires mutualistes, peuvent lisser la rentabilité sur l’ensemble de leur portefeuille. Pour un emprunteur, cela se traduit par des écarts de TAEG de 0,5 à 1,5 point selon le profil, soit des milliers d’euros sur la durée du prêt. Des plateformes comme Lydia ne couvrent pas ce segment, mais illustrent la diversité croissante des acteurs du crédit en France.
Le seul critère qui devrait guider votre choix : le coût total du crédit après tous les frais, pas la mensualité
My Money Bank communique sur la mensualité. Les courtiers communiquent sur la mensualité. Les simulateurs en ligne affichent la mensualité. C’est le mauvais indicateur. Le seul chiffre qui permet de comparer deux offres de rachat de crédit est le coût total du crédit, calculé en additionnant le montant total des mensualités, les frais de dossier, les frais de courtage, les IRA des anciens prêts, les frais de garantie et l’assurance emprunteur. Une offre à 850 € par mois sur 20 ans coûte plus cher qu’une offre à 1 050 € par mois sur 12 ans, même si la première « soulage » davantage le budget mensuel. Demandez systématiquement le montant total dû et comparez-le entre les différentes propositions reçues. C’est le seul arbitrage rationnel.
Le groupe CCF derrière My Money Bank : ce que le rachat de HSBC France change pour les emprunteurs actuels
Depuis janvier 2024, My Money Bank fait partie du groupe CCF, issu du rachat de l’activité de banque de détail de HSBC France. Cette opération modifie l’environnement dans lequel vos prêts sont gérés.
Fermeture de 84 agences, back-office migré chez Arkéa : un groupe en restructuration lourde qui gère vos prêts
Le passage de HSBC au CCF a été l’une des plus grosses opérations de migration bancaire en France, avec 715 000 clients particuliers et 35 000 professionnels transférés en une seule bascule. Le back-office a été confié au Crédit Mutuel Arkéa. En parallèle, le groupe a annoncé la fermeture de 84 agences et la suppression de 1 400 postes. My Money Bank, en tant que filiale du même groupe, partage les mêmes contraintes de coûts. Un groupe en restructuration concentre ses ressources sur la stabilisation de l’activité principale (ici, le CCF retail) au détriment des filiales secondaires. Rien n’indique que le service de gestion des prêts My Money Bank en bénéficiera. Tout indique que les budgets seront contraints.
HSBC cédée pour 1 € symbolique : pourquoi cette opération questionne la solidité long terme du groupe
HSBC France a été vendue pour 1 euro symbolique à Cerberus, avec un apport en fonds propres de HSBC évalué initialement à 2 milliards d’euros. Cerberus a ensuite demandé une recapitalisation supplémentaire. Ce n’est pas le signe d’un repreneur en position de force, mais celui d’un acheteur qui a négocié une mise de départ nulle sur un actif structurellement non rentable. Le réseau HSBC France perdait de l’argent depuis des années. Le pari de Cerberus est d’en extraire de la valeur par la réduction des coûts, pas par la croissance. Pour un emprunteur My Money Bank, la question pertinente est : dans un groupe qui absorbe un actif déficitaire de cette taille, quelles ressources restent allouées au suivi de 40 000 contrats de rachat de crédit en métropole ?
Ce que la supervision ACPR garantit, et ce qu’elle ne garantit pas sur la qualité de service
My Money Bank est un établissement bancaire agréé et supervisé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Cela signifie que vos dépôts et vos contrats de crédit sont protégés par le cadre réglementaire français. L’ACPR vérifie la solvabilité de l’établissement, le respect des ratios prudentiels, et la conformité des pratiques. Ce qu’elle ne garantit pas, en revanche, c’est la qualité du service client, les délais de traitement, la transparence des frais annexes ou l’attitude du service recouvrement. Un établissement peut être parfaitement en règle avec l’ACPR et offrir une expérience client médiocre. C’est la distinction que les articles « rassurance » des comparateurs passent systématiquement sous silence en écrivant « My Money Bank est régulée par l’ACPR » comme si cela clôturait le débat.
Questions fréquentes
My Money Bank peut-elle refuser un rachat de crédit après avoir donné un accord verbal ?
Oui. Un accord verbal d’un conseiller téléphonique n’a aucune valeur contractuelle. Seule l’émission d’une offre de prêt formelle engage My Money Bank. Des emprunteurs rapportent avoir constitué un dossier complet sur plusieurs mois, reçu un « accord de principe » oral, puis un refus écrit sans explication détaillée. Ce fonctionnement est légal mais génère une frustration d’autant plus forte que le prospect a parfois engagé des frais (expertise immobilière, état hypothécaire) qui ne sont pas remboursés en cas de refus.
Combien de temps prend réellement un rachat de crédit chez My Money Bank ?
My Money Bank annonce un contact sous 48 h après la demande en ligne. Pour la finalisation complète du dossier, les délais varient de 3 semaines à 3 mois selon la complexité du profil et le type de rachat (avec ou sans hypothèque). Les dossiers hypothécaires sont mécaniquement plus longs en raison de l’expertise immobilière et de l’intervention du notaire. Certains témoignages signalent des délais anormalement longs, notamment sur la phase de validation finale, sans que le client soit informé des raisons du blocage.
Est-il possible de changer d’assurance emprunteur sur un rachat de crédit My Money Bank ?
Depuis la loi Lemoine de 2022, tout emprunteur peut résilier et changer son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité, à condition que le nouveau contrat offre des garanties au moins équivalentes. Ce droit s’applique aux contrats My Money Bank. En pratique, certains emprunteurs signalent que My Money Bank oppose des délais ou des demandes de justificatifs supplémentaires pour ralentir le processus de substitution. Si vous rencontrez un refus ou un blocage injustifié, vous pouvez saisir le médiateur de l’ASF (Association des Sociétés Financières).
My Money Bank propose-t-elle des solutions spécifiques pour les professions libérales ou les indépendants ?
My Money Bank communique sur des offres adaptées aux professions libérales médicales, aux seniors et aux situations de divorce. En pratique, l’adaptation porte sur les critères d’analyse des revenus (prise en compte de la moyenne sur deux ou trois ans pour les indépendants) et sur la durée de remboursement. Les conditions tarifaires restent individualisées et dépendent du risque perçu. Un indépendant avec des revenus irréguliers se verra proposer un taux plus élevé qu’un salarié en CDI à revenus équivalents, ce qui est cohérent avec la logique de tarification au risque de l’établissement.
Comment contester des frais ou un refus abusif de My Money Bank ?
La première étape est d’adresser une réclamation écrite au service consommateurs de My Money Bank, situé à Nantes (API 24D, 1 rue du Château de l’Eraudière, 44311 Nantes Cedex 3). Si la réponse est insatisfaisante ou absente sous deux mois, vous pouvez saisir le médiateur de l’ASF. En cas de litige sur des frais que vous estimez non conformes au contrat signé, conservez l’intégralité de vos échanges écrits et demandez une copie de votre contrat initial (que My Money Bank est tenue de vous fournir). La saisine du médiateur est gratuite et suspend les procédures de recouvrement pendant la durée de l’instruction.