Un crédit camping-car, sur le papier, c’est un prêt classique. Dans la réalité, c’est un montage financier où la plupart des acheteurs se focalisent sur la mensualité sans jamais calculer ce qu’ils paient réellement. Le problème n’est pas d’emprunter. C’est d’emprunter 50 000 ou 80 000 € sur 10 à 15 ans pour un véhicule qui aura perdu la moitié de sa valeur avant la cinquième année. Entre le crédit affecté, le prêt personnel, la LOA et les montages proposés en concession, les options ne manquent pas. Mais chacune obéit à une logique différente, et aucune n’est universellement avantageuse. Ce que vous lirez ici ne ressemble pas aux comparatifs habituels qui alignent des taux sans contexte. L’objectif est de poser les vrais arbitrages : quel type de crédit, pour quel profil d’acheteur, avec quel niveau de risque réel sur la durée.
Affecté, personnel ou LOA : trois crédits, trois logiques incompatibles
Derrière l’appellation générique « crédit camping-car », trois produits financiers coexistent. Ils ne protègent pas les mêmes intérêts, ne coûtent pas la même chose, et ne conviennent pas aux mêmes situations d’achat.
Le crédit affecté protège l’acheteur mais verrouille l’usage des fonds
Le crédit affecté lie juridiquement le prêt à l’achat du véhicule. Si la vente est annulée ou si le camping-car n’est jamais livré, le crédit tombe avec elle. C’est une protection réelle, souvent sous-estimée, surtout face aux délais de livraison qui peuvent atteindre 6 à 12 mois sur du neuf. En contrepartie, les fonds ne servent qu’à payer le véhicule identifié sur le bon de commande. Impossible de financer dans le même prêt les accessoires, l’équipement solaire ou les travaux d’aménagement complémentaires. Le taux est généralement plus bas qu’un prêt personnel, entre 2 % et 6 % selon les établissements, mais cette économie a un prix : vous devez fournir un justificatif d’achat, ce qui exclut de fait la quasi-totalité des transactions entre particuliers. Concrètement, si vous achetez en concession un camping-car neuf ou d’occasion avec facture, le crédit affecté est le plus protecteur. Dans tous les autres cas, il est inutilisable.
Le prêt personnel coûte plus cher en taux mais reste le seul viable entre particuliers
Le prêt personnel est un crédit à la consommation non affecté. Les fonds arrivent sur votre compte, vous en faites ce que vous voulez, sans justificatif. C’est la seule option pour acheter un camping-car d’occasion à un particulier sur Le Bon Coin ou Wikicampers. Le taux est plus élevé, souvent entre 3 % et 8 %, parce que l’organisme prêteur ne dispose d’aucune garantie liée au bien financé. Si vous ne payez plus, il n’a aucun recours direct sur le véhicule. Le plafond légal est fixé à 75 000 € pour un crédit à la consommation, ce qui couvre la majorité des vans et profilés mais devient insuffisant sur les intégraux haut de gamme. Point souvent ignoré : avec un prêt personnel, si le vendeur vous livre un véhicule défectueux ou ne vous livre pas du tout, le crédit court quand même. Vous remboursez un véhicule que vous n’avez pas, et votre seul recours est contre le vendeur, pas contre la banque.
La LOA séduit par ses mensualités basses et piège par son coût total réel
La LOA (location avec option d’achat) affiche des mensualités 20 à 40 % inférieures à celles d’un crédit classique pour un véhicule équivalent. L’explication est simple : vous ne financez pas la totalité du prix, mais seulement la différence entre le prix d’achat et la valeur résiduelle estimée en fin de contrat. Sur un camping-car à 85 000 €, avec une valeur résiduelle à 30 %, vous ne « financez » que 59 500 €. Sauf que vous n’êtes jamais propriétaire pendant la durée du contrat. Et si vous voulez le devenir à la fin, il faut régler les 25 500 € restants en une fois. Le coût total (loyers cumulés + option d’achat) dépasse systématiquement celui d’un crédit classique sur la même durée. La LOA a du sens pour quelqu’un qui veut changer de camping-car tous les 4 ou 5 ans sans se soucier de la revente. Pour tous les autres, c’est un produit qui donne l’illusion de l’accessibilité tout en maximisant le coût réel de possession.
Le problème que tous les simulateurs masquent : la décote mange votre capital
Les simulateurs de crédit calculent des mensualités, des taux et des coûts totaux. Aucun ne met en regard la courbe de remboursement et la courbe de décote du véhicule. C’est pourtant là que se joue la rentabilité réelle de l’opération.
Un camping-car perd 50 % de sa valeur en 4 ans, mais le crédit court encore 10 ans
La décote d’un camping-car suit un schéma brutal : environ 20 % la première année, puis 15 % par an les deuxième et troisième années, avant de se stabiliser autour de 5 à 7 % par an. Un véhicule acheté 60 000 € neuf ne vaut plus que 34 000 € environ au bout de 3 ans. Si vous avez financé ce camping-car sur 120 mois avec un crédit classique, au bout de 3 ans vous avez remboursé à peine un tiers du capital. Votre dette restante est supérieure à la valeur marchande du véhicule. Cette situation a un nom en finance automobile : être « underwater » ou « sous l’eau ». Elle signifie que si vous devez revendre (séparation, accident, changement de projet), le produit de la vente ne couvrira pas le solde du prêt. Vous devrez payer la différence de votre poche.
Financer sur 15 ans un bien qui se déprécie : le scénario dans lequel vous êtes « sous l’eau »
Certains organismes proposent des crédits camping-car sur 180 mois, soit 15 ans. Sur cette durée, un camping-car acheté neuf aura perdu entre 70 et 80 % de sa valeur. Le coût total des intérêts, lui, sera considérable. Prenons un crédit de 50 000 € à 6,5 % sur 180 mois : le coût total des intérêts dépasse 29 000 €. Vous aurez payé près de 80 000 € pour un véhicule qui en vaudra peut-être 12 000 à la revente. La mensualité, elle, paraît confortable : autour de 440 €. C’est précisément ce chiffre que les simulateurs mettent en avant, et c’est précisément celui qui masque l’ampleur du surcoût. Un crédit long sur un actif qui décote vite n’est pas une facilité de paiement, c’est un appauvrissement programmé.
Pourquoi l’occasion de 3 à 5 ans est le point d’équilibre entre décote et durée de crédit
Le marché de l’occasion camping-car offre un arbitrage rarement formulé clairement. Un véhicule de 3 à 5 ans a déjà absorbé le gros de sa décote (entre 40 et 55 % du prix neuf) mais conserve un état mécanique et une cellule en bon état, surtout sous les 12 000 km/an de moyenne. En finançant ce véhicule sur 60 à 84 mois au lieu de 120 à 180, vous alignez la durée du crédit sur la durée de vie résiduelle utile. Le rapport entre ce que vous payez et ce que le véhicule vaut pendant toute la durée du prêt reste cohérent. C’est aussi la tranche d’âge où un crédit auto classique suffit largement, sans nécessiter de montage complexe.
Financer au-delà de 75 000 € : ce que les organismes de crédit ne proposent pas spontanément
Les camping-cars intégraux et les liners dépassent régulièrement les 80 000, 100 000, voire 150 000 €. À ces niveaux, le cadre habituel du crédit à la consommation ne fonctionne plus. Les solutions existent, mais elles ne figurent jamais sur les simulateurs en ligne.
Le plafond légal du crédit à la consommation et ses conséquences sur les intégraux haut de gamme
En France, un crédit à la consommation est plafonné à 75 000 €. Au-delà, l’opération sort du cadre légal du Code de la consommation et de ses protections associées (délai de rétractation de 14 jours, encadrement du TAEG, interdiction de dépasser le taux d’usure sur cette catégorie). Quelques acteurs comme la Macif affichent des plafonds jusqu’à 300 000 €, mais il s’agit alors de prêts personnels non soumis au même régime réglementaire. Les conditions diffèrent : taux potentiellement plus élevé, garanties supplémentaires exigées, et parfois obligation de souscrire d’autres produits (assurance véhicule, compte bancaire). Pour un intégral à 120 000 €, vous ne pouvez pas simplement « faire un crédit camping-car ». Vous entrez dans une logique de montage financier.
Prêt hypothécaire, rachat de crédit avec trésorerie : les montages alternatifs qui existent
Si vous êtes propriétaire immobilier, un prêt de trésorerie hypothécaire permet de mobiliser jusqu’à 70 % de la valeur de votre bien pour financer un camping-car sans toucher au cadre du crédit conso. Le taux est celui d’un crédit immobilier, souvent inférieur à celui d’un prêt personnel. L’autre piste, c’est le rachat de crédit avec trésorerie complémentaire. Vous regroupez vos crédits existants et intégrez dans l’opération une enveloppe dédiée à l’achat du véhicule. La mensualité globale baisse, mais la durée totale d’endettement s’allonge. Ces montages ne sont pas des gadgets : ils concernent concrètement les acheteurs de véhicules haut de gamme dont le profil bancaire est solide mais dont le projet dépasse les grilles standards du crédit conso.
Le crédit ballon appliqué au camping-car : mensualités divisées, risque concentré en fin de contrat
Le crédit ballon est un hybride entre le crédit classique et la LOA. Vous financez 50 à 60 % du prix du véhicule en mensualités normales, et le solde (le « ballon ») est dû en une seule échéance finale. Sur un camping-car à 70 000 €, cela peut représenter 28 000 à 35 000 € à régler d’un coup après 4 ou 5 ans. L’avantage apparent est une mensualité réduite pendant toute la durée du contrat. Le risque réel : si la valeur de revente du véhicule est inférieure au montant du ballon, vous payez la différence. Or, avec une décote de 50 % en 4 ans, ce scénario est loin d’être théorique. Le crédit ballon ne se justifie que si vous avez une stratégie de sortie claire : capacité d’épargne suffisante pour constituer le ballon, ou certitude de revendre à un prix supérieur au solde.
Le financement en concession : un confort qui se paie dans les marges
Signer le crédit chez le concessionnaire en même temps que le bon de commande, c’est pratique. C’est aussi le moment où vous avez le moins de recul pour comparer, et où la marge du professionnel sur le financement est la plus large.
Comment le concessionnaire marge sur le taux via ses partenariats financiers
Un concessionnaire camping-car ne prête pas son propre argent. Il distribue les offres de ses partenaires financiers (Cofidis, Cetelem, Sofinco, Loisirs Finances…) et perçoit une commission sur chaque contrat signé. Cette commission est intégrée dans le taux que vous payez. Le taux affiché en concession est rarement le meilleur taux du marché. Il est le meilleur taux que le concessionnaire peut vous proposer tout en conservant sa marge. L’écart avec une offre bancaire directe peut atteindre 0,5 à 1,5 point de taux, ce qui, sur un crédit de 50 000 € sur 10 ans, représente plusieurs milliers d’euros d’intérêts supplémentaires.
Reprise de l’ancien véhicule en apport : l’effet d’optique qui réduit votre pouvoir de négociation
La reprise de votre ancien camping-car comme « apport » est un argument de vente puissant. Mais il fonctionne en faveur du concessionnaire, pas de la vôtre. En intégrant la reprise dans le montage global, le concessionnaire peut sous-évaluer votre véhicule de 10 à 20 % par rapport au marché, tout en affichant une mensualité attractive. Vous avez l’impression de faire une bonne opération parce que l’apport réduit votre emprunt. Mais si vous aviez vendu votre camping-car vous-même entre particuliers et apporté le cash, vous auriez obtenu davantage. La bonne méthode : faire estimer votre véhicule indépendamment (via la cote DICA ou une plateforme spécialisée) avant de négocier quoi que ce soit avec le concessionnaire.
Comparer une offre concession et une offre bancaire directe sur le coût total, pas sur la mensualité
Le concessionnaire vous présente une mensualité. La banque aussi. Les deux chiffres ne sont pas comparables si les durées, les assurances incluses et les frais de dossier diffèrent. Le seul indicateur fiable est le coût total du crédit : la somme de toutes les mensualités, assurance comprise, moins le montant emprunté. Avant de signer en concession, prenez 48 heures pour demander une offre à votre banque ou à un courtier en ligne. Si vous êtes fonctionnaire, certains établissements proposent des conditions spécifiques qui ne sont jamais disponibles chez un concessionnaire.
LOA camping-car : les clauses qui transforment la flexibilité en surcoût
La LOA est présentée comme un produit souple. Mais la souplesse est encadrée par des clauses contractuelles qui, en pratique, limitent fortement la liberté d’usage et pénalisent l’acheteur à la sortie.
Plafond kilométrique annuel vs usage réel d’un camping-cariste actif
La plupart des contrats LOA camping-car sont calibrés sur un kilométrage annuel de 10 000 à 15 000 km. Un camping-cariste qui part 6 à 8 semaines par an, avec des trajets vers le sud de l’Europe ou le Maroc, dépasse facilement les 15 000 km. Chaque kilomètre excédentaire est facturé, généralement entre 0,10 et 0,20 €/km. Sur 4 ans, un dépassement de 5 000 km/an génère une pénalité de 2 000 à 4 000 € à la restitution. Ce surcoût n’apparaît jamais dans la simulation initiale.
Valeur résiduelle contractuelle vs valeur de marché : l’écart qui rend le rachat absurde
La valeur résiduelle fixée dans le contrat LOA est une estimation théorique établie au moment de la signature, pas un reflet du marché futur. Elle représente typiquement 30 à 40 % du prix d’achat initial. Or, la décote réelle d’un camping-car après 4 à 5 ans peut descendre bien en dessous de ce seuil, surtout sur les modèles d’entrée et de milieu de gamme. Si la valeur de marché du véhicule est inférieure à la valeur résiduelle, racheter votre propre camping-car en fin de LOA revient à payer plus cher qu’en l’achetant d’occasion sur le marché libre. Dans ce cas, la restitution est le choix rationnel, mais vous avez payé des loyers pendant 4 ans sans rien posséder au final.
LER (location avec engagement de reprise) : l’alternative que les concessionnaires poussent peu
La LER fixe dès le départ le prix auquel le concessionnaire s’engage à reprendre le véhicule en fin de contrat. Contrairement à la LOA, vous êtes propriétaire du camping-car pendant toute la durée du financement. À la fin, vous choisissez : garder le véhicule ou le revendre au prix garanti. Ce mécanisme élimine le risque de décote imprévue. Si le marché de l’occasion s’effondre, le concessionnaire absorbe la perte. Si le marché se maintient ou progresse, vous pouvez revendre plus cher que le prix garanti. Les concessionnaires proposent rarement la LER spontanément parce qu’elle les expose à un risque de perte sur la reprise. Il faut la demander explicitement.
Apport, durée, taux : les trois leviers qui changent tout et l’ordre dans lequel les arbitrer
Sur un crédit camping-car, la plupart des emprunteurs négocient le taux en premier. C’est le levier le moins efficace des trois. L’ordre optimal est : apport, durée, puis taux.
Sans apport, le dossier passe mais le coût total explose : chiffrer l’écart réel
Emprunter sans apport est possible chez la majorité des organismes. Mais sur un camping-car à 50 000 € financé sur 120 mois à 6,5 %, le coût total des intérêts atteint environ 18 500 €. Avec un apport de 25 % (12 500 €), le crédit tombe à 37 500 € et le coût des intérêts descend à environ 13 800 €. L’économie dépasse 4 700 €, sans compter la réduction du risque d’être « sous l’eau » dans les premières années. Un apport de 20 à 25 % est le seuil recommandé par les professionnels du secteur pour obtenir un financement équilibré. En dessous, l’opération est techniquement faisable mais financièrement déséquilibrée.
Pourquoi raccourcir la durée est plus rentable que négocier le taux
Gagner 0,5 point de taux sur un crédit de 50 000 € à 120 mois économise environ 1 600 €. Réduire la durée de 120 à 84 mois, à taux identique, économise environ 4 200 €. L’effet de la durée sur le coût total est deux à trois fois supérieur à celui du taux. La mensualité augmente, évidemment. Mais un emprunteur qui peut se permettre 650 € au lieu de 500 € par mois fera une économie structurelle bien plus importante que celui qui négocie âprement un demi-point de taux avec sa banque. Le bon réflexe : d’abord déterminer la mensualité maximale supportable, ensuite en déduire la durée la plus courte, et enfin comparer les taux à durée et montant identiques.
Le remboursement anticipé sans frais : la clause à vérifier avant de signer, pas après
Le droit au remboursement anticipé est garanti par la loi sur les crédits à la consommation. Mais les modalités varient. Certains contrats prévoient une indemnité de remboursement anticipé pouvant atteindre 1 % du capital restant dû (ou 0,5 % si le crédit se termine dans moins de 12 mois). D’autres, notamment chez Sofinco ou la Macif, l’excluent explicitement. Si vous prévoyez de revendre votre camping-car avant la fin du prêt, ou si une rentrée d’argent (prime, héritage, vente d’un autre bien) est probable, cette clause change le coût réel du crédit. Si vous êtes dans une situation où vous envisagez de vendre un véhicule avec un crédit encore en cours, vérifiez les conditions de remboursement anticipé dès la signature.
Assurance emprunteur et garantie étendue : ce qui est obligatoire, ce qui est du commerce
L’assurance et la garantie étendue sont présentées ensemble dans le discours commercial, comme si elles allaient de pair. En réalité, elles obéissent à des régimes juridiques différents et leur rapport coût/utilité varie fortement selon le profil de l’emprunteur.
L’assurance décès-invalidité n’est pas imposée par la loi mais systématiquement intégrée par défaut
Aucun texte n’impose la souscription d’une assurance emprunteur sur un crédit à la consommation. L’organisme prêteur peut la recommander, voire la pré-cocher dans le formulaire de souscription en ligne, mais il ne peut pas conditionner l’octroi du crédit à son acceptation. En pratique, la majorité des crédits camping-car sont signés avec l’assurance décès-invalidité incluse, souvent autour de 0,30 à 0,95 % de TAEA. Sur un crédit de 50 000 € à 120 mois, cela représente entre 1 500 et 4 700 € de coût supplémentaire. Pour un emprunteur jeune, en bonne santé, sans personne à charge, cette assurance est rarement justifiée sur un crédit à la consommation. Elle l’est davantage pour un couple avec enfants qui finance un montant élevé sur une longue durée.
Extension de garantie mécanique lissée sur le crédit : pertinente sur l’occasion, discutable sur le neuf
L’extension de garantie proposée en concession couvre les pannes mécaniques, électriques et électroniques au-delà de la garantie constructeur. Son coût est intégré dans les mensualités du crédit, ce qui le rend indolore au mois le mois mais réel sur la durée totale. Sur un camping-car d’occasion de plus de 3 ans, cette extension peut se justifier. Le porteur Fiat Ducato, base de la majorité des camping-cars européens, vieillit correctement, mais la cellule (réfrigérateur, chauffage, circuit électrique 12V/220V, pompe à eau) génère des pannes fréquentes après 5 ans. Sur un véhicule neuf couvert par la garantie constructeur de 2 à 3 ans, souscrire immédiatement une extension est un pari sur l’avenir. Le coût cumulé de la garantie dépasse souvent le coût moyen des réparations sur cette période.
Délégation d’assurance sur un crédit camping-car : un droit méconnu qui fait baisser le coût
Depuis la loi Lagarde (2010), vous pouvez refuser l’assurance proposée par l’organisme de crédit et souscrire une assurance équivalente auprès d’un assureur externe. C’est ce qu’on appelle la délégation d’assurance. Sur un crédit immobilier, cette pratique est courante et peut diviser le coût de l’assurance par deux ou trois. Sur un crédit à la consommation, elle reste marginale parce que les montants en jeu sont plus faibles et que peu d’emprunteurs prennent le temps de comparer. Pourtant, sur un crédit camping-car de 50 000 € ou plus, sur 10 à 15 ans, l’économie potentielle atteint plusieurs centaines d’euros par an. Le prêteur ne peut pas refuser votre délégation si le contrat externe offre des garanties au moins équivalentes.
Rentabiliser le camping-car pendant le crédit : la variable que personne n’intègre dans le calcul
Aucun simulateur de crédit n’intègre les revenus que peut générer un camping-car. Pourtant, la mise en location ponctuelle modifie significativement l’équation financière du financement.
La location entre particuliers peut couvrir 30 à 50 % de la mensualité annuelle
Des plateformes comme Yescapa ou Wikicampers permettent de louer son camping-car à des particuliers lorsque vous ne l’utilisez pas. Le tarif moyen se situe entre 90 et 150 €/jour selon le type de véhicule et la saison. Un camping-car loué 30 à 40 jours par an génère entre 2 700 et 6 000 € de revenus bruts. Rapporté à une mensualité de crédit de 500 €/mois (soit 6 000 €/an), la location couvre entre 45 et 100 % du coût annuel du financement. La contrepartie : usure accélérée, gestion des réservations, nettoyage, et risque de dégradation. L’assurance spécifique à la location est incluse dans la commission de la plateforme, mais les franchises restent à votre charge.
Impact fiscal des revenus locatifs sur un véhicule financé à crédit
Les revenus tirés de la location de votre camping-car sont imposables. En dessous de 760 € par an, ils sont exonérés. Au-delà, ils relèvent du régime micro-BIC avec un abattement forfaitaire de 50 % si les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 €. Concrètement, sur 4 000 € de revenus locatifs annuels, vous serez imposé sur 2 000 €, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %). L’impact réel dépend de votre tranche marginale d’imposition. Ce que beaucoup de propriétaires ignorent : les intérêts du crédit camping-car ne sont pas déductibles des revenus locatifs en micro-BIC. Pour les déduire, il faudrait opter pour le régime réel, ce qui n’est rentable qu’à partir de charges élevées et d’un volume de location conséquent.
Le prêt entre particuliers (Cerfa 2062) : une option crédible au-delà de 5 000 €
Emprunter à un proche pour financer tout ou partie de votre camping-car est légalement encadré mais parfaitement possible. Au-delà de 5 000 €, le prêt doit être déclaré au fisc via le formulaire Cerfa 2062, joint à la déclaration de revenus de l’emprunteur et du prêteur. Le taux peut être fixé librement, y compris à 0 %, tant qu’il ne dépasse pas le taux d’usure. C’est une solution pertinente pour compléter un crédit bancaire ou le remplacer entièrement si le montant prêté est suffisant. L’avantage est double : aucun frais de dossier, aucune assurance emprunteur, et une flexibilité totale sur les modalités de remboursement. Le risque principal est relationnel, pas financier. Une reconnaissance de dette notariée (environ 150 à 200 € de frais) sécurise les deux parties.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un crédit camping-car en étant en CDD ou intérimaire
C’est plus difficile mais pas impossible. Les organismes de crédit à la consommation évaluent la stabilité des revenus sur les 3 à 12 derniers mois. Un intérimaire avec 18 mois d’ancienneté dans le même secteur et des relevés bancaires réguliers peut obtenir un prêt, mais avec un taux plus élevé et un montant plafonné. Certains organismes spécialisés comme Cofidis ou Younited Credit sont plus ouverts aux profils non-CDI que les banques traditionnelles. L’apport personnel devient un levier décisif dans ce cas : il rassure le prêteur et compense l’instabilité perçue.
Faut-il un permis spécial pour conduire un camping-car financé à crédit
Le type de crédit n’a aucun impact sur le permis requis. C’est le PTAC (poids total autorisé en charge) qui détermine le permis. Jusqu’à 3,5 tonnes, le permis B suffit. Au-delà, il faut le permis C1 (jusqu’à 7,5 tonnes) ou le permis C. La plupart des profilés et fourgons aménagés restent sous la barre des 3,5 tonnes, mais certains intégraux la dépassent. Ce point est à vérifier avant de signer le bon de commande, car le coût du permis C1 (entre 1 500 et 2 500 €) s’ajoute au budget global.
Le crédit camping-car est-il soumis au taux d’usure
Oui, tant que le montant emprunté ne dépasse pas 75 000 €. Le crédit entre alors dans la catégorie des crédits à la consommation, encadrés par le taux d’usure publié trimestriellement par la Banque de France. Ce taux varie selon le montant et la durée du prêt. Au-delà de 75 000 €, le prêt sort de ce cadre réglementaire et les conditions dépendent du contrat négocié avec l’établissement prêteur. Les protections du consommateur (délai de rétractation de 14 jours, information précontractuelle obligatoire) s’appliquent néanmoins tant que le crédit reste un prêt aux particuliers.
Peut-on inclure les équipements et accessoires dans le crédit camping-car
Avec un crédit affecté, non. Les fonds sont strictement liés à l’achat du véhicule identifié sur la facture. Les panneaux solaires, le porte-vélos, la climatisation additionnelle ou le store extérieur doivent être financés séparément. Avec un prêt personnel, oui, puisque les fonds sont libres d’utilisation. C’est d’ailleurs l’un des rares avantages concrets du prêt personnel sur le crédit affecté : il permet de financer le véhicule et son équipement dans une seule opération, avec une seule mensualité.
Que se passe-t-il si le camping-car est volé ou détruit pendant le crédit
Le crédit continue de courir. L’assurance du véhicule (si vous avez une couverture vol ou tous risques) indemnise la perte, mais la valeur remboursée est la valeur vénale au jour du sinistre, pas le prix d’achat ni le capital restant dû. Si votre camping-car a perdu 40 % de sa valeur en 3 ans et que votre crédit est encore à 70 % du capital, l’indemnisation ne couvre pas le solde. C’est précisément le cas de figure où une garantie de protection du capital (ou GAP insurance) prend tout son sens : elle couvre la différence entre la valeur assurée et le capital restant dû. Son coût, entre 300 et 800 € sur la durée du crédit, est négligeable au regard du risque couvert.