Un prêt personnel à 0,90 % sur 12 mois, ça existe. C’est même le taux plancher relevé en janvier 2026 chez certains organismes partenaires. Le problème : ce taux, vous ne l’obtiendrez probablement pas. Entre le chiffre d’appel et le TAEG réellement proposé après étude de dossier, l’écart atteint régulièrement un facteur de 3 à 7 selon le profil emprunteur. Stabilité professionnelle, épargne disponible, historique bancaire, nature du projet financé, montant demandé : chacune de ces variables déplace le curseur dans des proportions que les comparateurs en ligne ne montrent jamais. Cet article décortique les mécanismes réels de tarification du crédit à la consommation en 2026, identifie les leviers qui fonctionnent pour négocier un taux bas, et pointe les cas où emprunter n’est tout simplement pas la bonne option.
Le même crédit, sept fois plus cher selon qui le demande
Les grilles tarifaires des organismes de crédit ne sont pas des tarifs fixes. Ce sont des fourchettes, et l’amplitude entre le plancher et le plafond raconte davantage de choses sur la politique de risque d’un prêteur que sur le coût réel de l’argent. Pour un même montant emprunté sur la même durée, deux profils distincts peuvent se voir proposer un taux allant de 2 % à 15 %. Comprendre pourquoi, c’est déjà reprendre le contrôle sur la négociation.
CDD de 25 ans vs fonctionnaire de 35 ans : anatomie d’un écart de taux réel
Prenez deux emprunteurs qui sollicitent 10 000 € sur 48 mois. Le premier est en CDD, 25 ans, sans épargne constituée. Le second est fonctionnaire titulaire, 35 ans, avec 50 000 € d’épargne disponible. Le premier va se voir proposer un TAEG autour de 10 à 15 %. Le second descendra vers 2 à 3,5 %. Sur la durée totale du crédit, l’écart de coût dépasse 2 500 €, parfois davantage. Ce ratio de 1 à 7 n’est pas une anomalie : c’est la traduction directe de la prime de risque que l’organisme applique au profil qu’il juge le moins prévisible. La nature du contrat de travail pèse plus lourd que le revenu net dans la majorité des modèles de scoring. Un CDD à 2 800 € net sera systématiquement moins bien traité qu’un CDI à 2 200 €, même si le premier a un reste à vivre supérieur.
Les cinq variables que les banques pondèrent avant même de regarder votre revenu
Le revenu n’arrive qu’en troisième ou quatrième position dans la hiérarchie des critères de scoring. Avant lui, les organismes évaluent la stabilité contractuelle (CDI, titulaire fonction publique, ancienneté dans le poste), puis le comportement bancaire sur les 3 à 6 derniers mois : présence de rejets de prélèvement, passages à découvert récurrents, jeux d’argent identifiés sur les relevés. Vient ensuite le taux d’endettement résiduel après intégration de la nouvelle mensualité, puis le montant d’épargne de précaution détenu chez l’établissement ou ailleurs. Enfin, l’ancienneté de la relation bancaire joue un rôle souvent sous-estimé : un client domicilié depuis 5 ans avec un historique propre bénéficiera d’un taux inférieur à un nouveau client au profil identique sur le papier.
Scoring interne des organismes : ce que le TAEG affiché ne capture jamais
Le taux affiché sur un comparateur ou sur la page d’un organisme est un TAEG « à partir de », calculé pour un profil optimal théorique. Ce n’est pas une offre, c’est un produit d’appel. Le scoring réel appliqué par chaque établissement repose sur des algorithmes propriétaires qui intègrent des données comportementales que le consommateur ne maîtrise pas toujours : fréquence des demandes de crédit récentes (consultables via le fichier bancaire), ratio entre charges fixes et revenus nets, voire localisation géographique pour certains acteurs. Ce scoring produit un « taux personnalisé » qui peut s’éloigner de 3 à 6 points du taux d’appel. Tant que vous n’avez pas reçu une offre formelle mentionnant un TAEG contractuel, tout chiffre affiché n’est qu’indicatif.
TAEG crédit consommation 2026 : le seul chiffre à comparer (et comment il vous piège)
Le TAEG est le meilleur outil de comparaison disponible pour l’emprunteur. C’est aussi un outil imparfait, parce qu’il agrège des coûts de natures très différentes dans un seul pourcentage. En 2026, les taux crédit consommation moyens se situent entre 4 et 6,5 % pour les prêts supérieurs à 6 000 €, mais cette fourchette masque des réalités très hétérogènes.
Taux débiteur, TAEG, taux d’usure : trois chiffres, trois logiques, un seul qui compte
Le taux débiteur (ou taux nominal) mesure le coût de l’argent prêté, sans les frais annexes. C’est le chiffre que les banques mettent en avant dans leur communication parce qu’il est mécaniquement le plus bas. Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) intègre les intérêts, les frais de dossier, les éventuels frais de courtage et l’assurance emprunteur obligatoire. C’est le seul indicateur légalement comparable entre deux offres. Le taux d’usure, fixé trimestriellement par la Banque de France, plafonne le TAEG maximal autorisé par catégorie de prêt. En pratique, il faut ignorer le taux débiteur dans toute comparaison sérieuse : un taux débiteur bas peut cacher des frais de dossier élevés ou une assurance coûteuse qui font grimper le TAEG au-delà d’une offre concurrente affichant un nominal plus élevé.
L’assurance emprunteur fantôme : incluse dans le TAEG mais jamais négociée
Sur un crédit à la consommation, l’assurance emprunteur n’est techniquement pas obligatoire. En pratique, la quasi-totalité des organismes la proposent par défaut et l’intègrent dans le TAEG affiché lors de la simulation. Le coût de cette assurance représente entre 0,3 et 1,2 % du capital emprunté par an, selon l’âge et l’état de santé. Sur un prêt de 15 000 € sur 60 mois, la différence entre l’assurance groupe de l’organisme et une délégation d’assurance externe peut atteindre 300 à 600 €. La loi Lagarde permet de choisir une assurance concurrente dès lors qu’elle offre des garanties équivalentes. Pourtant, moins de 15 % des emprunteurs en crédit conso exercent ce droit. C’est un levier de réduction du coût total que la plupart des comparateurs ne mentionnent même pas, parce qu’il ne rentre pas dans leur modèle de rémunération.
Pourquoi un prêt de 2 000 € coûte proportionnellement trois fois plus qu’un prêt de 15 000 €
Les frais de traitement d’un dossier de crédit sont quasi identiques quel que soit le montant emprunté : analyse de solvabilité, formalités contractuelles, gestion du compte de prêt. Ces coûts fixes se répercutent sur le taux proposé. Résultat : le TAEG moyen pratiqué au T4 2025 était de 17,67 % pour les prêts inférieurs ou égaux à 3 000 €, de 11,90 % entre 3 000 et 6 000 €, et de 6,50 % au-delà de 6 000 €. En clair, emprunter 2 000 € sur 24 mois coûte proportionnellement presque trois fois plus cher que d’emprunter 15 000 € sur la même durée. Si vous avez besoin d’un petit montant, la question pertinente n’est pas « quel est le meilleur taux ? », mais « est-ce que je devrais emprunter tout court ? ». Un crédit par montant adapté change radicalement l’équation.
Taux d’usure 2026 : le plafond légal qui exclut les profils qu’il est censé protéger
Le taux d’usure a été conçu pour protéger les emprunteurs contre des conditions abusives. Dans la réalité du marché 2026, ce plafond produit aussi un effet pervers : il rend certains profils solvables techniquement infinançables.
23,56 % sous 3 000 €, 8,67 % au-dessus de 6 000 € : la taxe invisible sur les petits emprunteurs
Au premier trimestre 2026, le taux d’usure pour les crédits à la consommation atteint 23,56 % pour les prêts de 3 000 € ou moins, 15,87 % entre 3 001 et 6 000 €, et 8,67 % au-delà de 6 000 €. Ces plafonds sont calculés à partir des taux effectifs moyens pratiqués le trimestre précédent, majorés d’un tiers. Autrement dit, le plafond reflète la réalité du marché avec un trimestre de retard. Pour l’emprunteur qui a besoin de 1 500 € en urgence, cela signifie concrètement que les organismes peuvent légalement facturer plus de 20 % de TAEG. Ce niveau de coût approche celui d’un crédit renouvelable, ce qui pose une question de fond : à quel moment un « prêt personnel pas cher » sur petit montant cesse d’être un prêt raisonnable ?
L’effet ciseau : quand votre dossier est solvable mais mathématiquement infinançable
L’effet ciseau se produit quand le TAEG plancher que l’organisme peut proposer à un profil donné dépasse le taux d’usure applicable. C’est un phénomène qui touche principalement les prêts supérieurs à 6 000 €, où le plafond est serré à 8,67 %. Un emprunteur avec un profil atypique (assurance majorée pour raison de santé, frais de dossier standards, taux nominal ajusté au risque) peut voir son TAEG calculé dépasser ce seuil alors même que sa capacité de remboursement est suffisante. La banque est alors légalement obligée de refuser le prêt, non parce que le dossier est mauvais, mais parce que la réglementation l’interdit. L’ironie : ce mécanisme élimine en priorité les profils fragilisés que le dispositif anti-usure est censé protéger.
Seniors, indépendants, CDD longs : les profils que le taux d’usure transforme en refusés
Trois catégories d’emprunteurs subissent cet effet ciseau de façon récurrente. Les seniors de plus de 55 ans, dont le coût d’assurance emprunteur est structurellement élevé, voient leur TAEG gonflé de 1 à 2 points par l’assurance seule. Les travailleurs indépendants, même avec des revenus stables et documentés, sont classés dans des grilles de risque supérieures qui ajoutent 1 à 3 points au taux nominal. Les salariés en CDD long ou en intérim qualifié, dont le contrat ne rentre pas dans la case « CDI » des algorithmes, se voient appliquer une prime de risque disproportionnée. Pour ces profils, la solution passe souvent par un crédit sans CDI spécialisé ou un montage différent : augmenter le montant emprunté pour basculer dans une tranche de taux d’usure plus favorable, raccourcir la durée pour réduire le coût de l’assurance, ou opter pour une délégation d’assurance externe.
Les banques ne vendent pas un taux, elles vendent une politique commerciale
Le taux que vous obtiendrez dépend autant du moment où vous empruntez et de la nature de votre projet que de votre profil. Les organismes de crédit ajustent leurs grilles en fonction d’objectifs commerciaux qui changent chaque trimestre, parfois chaque mois.
Projets verts : moins 84 points de base sur l’auto électrique, moins 67 sur la rénovation énergétique
En 2025, l’écart de taux entre un crédit auto classique et un crédit véhicule électrique ou hybride a atteint 84 points de base en moyenne, selon l’étude Meilleurtaux portant sur 4,43 millions de simulations auprès de 51 établissements. Pour les travaux de rénovation énergétique, la bonification atteignait 67 points de base par rapport aux travaux classiques. Ce n’est pas de la philanthropie : les banques bénéficient d’incitations réglementaires et d’un risque de défaut statistiquement plus faible sur les emprunteurs « verts » (profils patrimoniaux, propriétaires, revenus stables). Si votre projet peut être qualifié d’éco-responsable, le simple fait de le documenter correctement (devis mention RGE, bon de commande véhicule électrique) peut faire basculer votre taux d’un prêt personnel « divers » vers un prêt affecté bonifié.
Black Friday du crédit : les organismes bradent les prêts « divers » sur des fenêtres de 2 semaines
Les prêts personnels non affectés (dits « divers » : voyages, mariages, trésorerie) restent les plus chers du marché, avec un TAEG moyen de 6,32 % sur l’année 2025. Mais ce taux moyen masque une saisonnalité marquée. Au T1 2025, la moyenne était à 6,48 %. Au T4, elle était tombée à 6,18 %. Les baisses les plus nettes interviennent pendant les temps forts commerciaux : rentrée de septembre, Black Friday, et début d’année. Certains organismes lancent des offres promotionnelles à durée limitée (2 à 3 semaines) avec des taux d’appel inférieurs de 1 à 2 points à leur grille standard. Si votre projet n’est pas urgent, décaler votre demande de 4 à 6 semaines pour capter une fenêtre promotionnelle peut générer une économie de plusieurs centaines d’euros sur le coût total.
BoursoBank, Cetelem, Cofidis : ce que leur positionnement tarifaire révèle de leur cible réelle
BoursoBank cible les profils bancaires premium : clients déjà domiciliés, épargne constituée, projets structurés. Son taux d’appel est parmi les plus bas du marché, mais l’accès au prêt est conditionné à la détention d’un compte bancaire BoursoBank. Cetelem (groupe BNP Paribas) et Cofidis (groupe Crédit Mutuel) opèrent sur un spectre plus large, avec des grilles tarifaires qui s’adaptent à davantage de profils, y compris les dossiers à risque modéré. Leur taux plancher est moins compétitif, mais leur taux d’acceptation est plus élevé. Younited Credit se positionne sur le crédit sans justificatif avec un processus 100 % digital. En pratique, comparer ces acteurs sans comprendre leur logique de ciblage revient à comparer des offres qui ne s’adressent pas au même client.
Obtenir le taux le plus bas : ce qui fonctionne vs ce que tout le monde répète
Le conseil standard (« comparez les offres en ligne ») n’est pas faux, mais il est incomplet. La comparaison n’est qu’une étape. Ce qui fait réellement basculer un taux, c’est la préparation du dossier et la compréhension des leviers de négociation que les plateformes de comparaison n’ont aucun intérêt à vous expliquer.
3 demandes ciblées valent mieux que 15 : chaque sollicitation laisse une trace dans votre dossier
Chaque demande de crédit génère une consultation de votre fichier bancaire. Ces consultations sont visibles par les autres établissements. Au-delà de 4 à 5 demandes sur une période courte (moins de 30 jours), le signal envoyé aux prêteurs suivants est négatif : il traduit soit un besoin urgent de trésorerie, soit une série de refus. Les deux interprétations dégradent votre scoring. La stratégie optimale consiste à pré-sélectionner 3 organismes maximum dont le positionnement correspond à votre profil réel (pas au profil idéal), et à envoyer les demandes sur une fenêtre resserrée de 7 à 10 jours. Cette approche produit un meilleur résultat qu’un ratissage large via tous les comparateurs disponibles.
Domiciliation de revenus, produits croisés : le vrai levier de négociation que les comparateurs ne montrent pas
Accepter de domicilier vos revenus chez le prêteur, souscrire une assurance auto ou habitation dans le même groupe, ouvrir un livret d’épargne : ces contreparties ne figurent jamais dans les résultats d’un comparateur, mais elles peuvent faire baisser votre taux de 0,5 à 1,2 point. Sur un prêt de 15 000 € sur 60 mois, un point de taux en moins représente environ 400 à 450 € d’économie sur le coût total. BoursoBank propose explicitement une réduction de 1,20 point sur le taux débiteur pour les projets de véhicule électrique ou de borne de recharge, sur simple envoi d’un justificatif dans les 2 mois suivant la signature. Ce type de mécanisme conditionnel est fréquent, mais rarement mis en avant lors de la phase de simulation initiale.
Remboursement anticipé gratuit sous 10 000 €/an : l’option que personne n’utilise à son avantage
La réglementation plafonne les indemnités de remboursement anticipé sur les crédits à la consommation. Aucune indemnité ne peut être réclamée si le montant remboursé par anticipation est inférieur à 10 000 € sur une période de 12 mois. Au-delà, les frais sont plafonnés à 0,5 % si le remboursement intervient moins d’un an avant la fin du prêt, et à 1 % au-delà. En pratique, cela signifie qu’un emprunteur qui souscrit un prêt personnel de 12 000 € sur 48 mois peut rembourser jusqu’à 10 000 € par an sans frais. Cette mécanique permet une stratégie rarement exploitée : emprunter sur une durée longue (mensualités basses, meilleure acceptation du dossier), puis accélérer le remboursement dès que la trésorerie le permet, sans surcoût. Le rachat de crédit est une autre option si les conditions de marché deviennent plus favorables après la souscription.
Directive DCC2 (novembre 2026) : le crédit conso que vous connaissez n’existera plus
L’ordonnance du 3 septembre 2025 transpose en droit français la directive européenne CCD2 du 18 octobre 2023. Son entrée en vigueur est fixée au 20 novembre 2026. Ce texte modifie en profondeur les règles d’octroi, le périmètre des crédits encadrés, et les obligations d’information des prêteurs.
Plafond à 100 000 €, BNPL régulé, mini-crédits encadrés : ce qui change concrètement
Le champ du crédit à la consommation s’élargit. Le plafond passe de 75 000 à 100 000 €. Les mini-crédits de moins de 200 €, jusqu’ici hors radar réglementaire, seront soumis aux mêmes obligations d’information et de vérification de solvabilité que les crédits classiques. Les paiements fractionnés de type « 3 ou 4 fois sans frais » (BNPL), qui échappaient largement au cadre protecteur du crédit conso, entreront dans le périmètre. Les crédits gratuits (sans intérêt ni frais) mais qui créent une charge de remboursement seront également encadrés. Concrètement, un consommateur qui finance un achat en 4 fois via Alma, Klarna ou PayPal bénéficiera des mêmes protections qu’un emprunteur classique : information précontractuelle standardisée, évaluation de solvabilité, droit de rétractation de 14 jours.
Fin du déclaratif : les banques devront prouver qu’elles ont vérifié votre solvabilité
Jusqu’à présent, l’évaluation de solvabilité reposait en grande partie sur le déclaratif du candidat emprunteur. « Je gagne 3 000 € par mois » suffisait souvent, surtout en ligne et pour les petits montants. La CCD2 impose une vérification systématique basée sur des données financières réelles. Les organismes devront consulter le FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) et documenter la décision d’octroi. En cas de refus, ils devront expliquer les raisons. Les politiques de rémunération des vendeurs et intermédiaires ne pourront plus dépendre d’objectifs de volume de prêts accordés. Ce changement va mécaniquement réduire le taux d’acceptation sur les profils limites et rallonger les délais de traitement, y compris pour les crédits rapides en ligne.
Emprunter avant ou après novembre 2026 : dans quel scénario vous êtes gagnant
Si votre profil est solide (CDI, endettement faible, historique propre), emprunter avant ou après le 20 novembre 2026 ne changera pas grand-chose pour vous. Vous obteniez déjà de bonnes conditions, vous continuerez à en obtenir. Si votre profil est atypique (indépendant, CDD, revenus irréguliers), la situation est plus nuancée. D’un côté, la vérification renforcée pourrait compliquer l’accès au crédit. De l’autre, l’obligation de transparence sur les refus vous donnera davantage de visibilité sur les points à corriger. Si vous envisagez un achat en BNPL (paiement fractionné) pour un montant significatif, sachez qu’après novembre 2026, ce type de financement sera soumis à une évaluation de solvabilité qui n’existe pas aujourd’hui : certains profils qui passent actuellement sans vérification seront bloqués.
Prêt personnel vs alternatives : le vrai arbitrage que personne ne pose
Le réflexe « j’ai besoin d’argent, je prends un prêt personnel » court-circuite une étape d’analyse qui peut faire économiser des centaines, voire des milliers d’euros. Le prêt personnel n’est pas toujours le véhicule de financement le plus adapté, même quand il semble le plus simple.
Crédit affecté à taux réduit vs prêt personnel flexible : le spread justifie-t-il la contrainte ?
Un crédit affecté (auto, travaux) impose de fournir un justificatif d’achat (devis, facture, bon de commande) et lie le prêt à la réalisation du projet. En contrepartie, le taux est systématiquement inférieur à celui d’un prêt personnel non affecté, avec un spread moyen de 0,5 à 1,5 point selon les organismes et la nature du projet. Sur un crédit auto de 20 000 € sur 60 mois, ce différentiel représente entre 500 et 1 500 € de coût total. Si votre projet est clairement identifié et que vous disposez du justificatif, opter pour un crédit affecté est presque toujours la meilleure option financière. Le prêt personnel ne se justifie réellement que lorsque l’usage des fonds est multiple, non documentable, ou susceptible de changer après la signature.
Avance sur assurance-vie ou déblocage PEE : quand ne pas emprunter est la meilleure stratégie crédit
Avant de souscrire un prêt personnel pour un besoin de trésorerie de 3 000 à 10 000 €, vérifiez deux options souvent négligées. L’avance sur contrat d’assurance-vie permet de mobiliser une partie du capital sans racheter le contrat (et donc sans perdre l’antériorité fiscale). Le coût de l’avance se situe généralement entre 1 et 3 %, soit nettement moins qu’un prêt personnel sur petit montant. Le déblocage anticipé du PEE (Plan d’Épargne Entreprise) est possible sans pénalité dans plusieurs cas : achat de résidence principale, mariage, surendettement, rupture du contrat de travail. Les sommes débloquées ne supportent que les prélèvements sociaux, sans impôt sur le revenu. Dans les deux cas, le coût total est inférieur à celui d’un prêt personnel, et l’opération ne génère aucune inscription dans votre historique de crédit.
Découvert autorisé, crédit renouvelable, prêt perso : le coût réel de la facilité classé du pire au moins pire
Le crédit renouvelable affiche des TAEG entre 12 et 22 % en 2026. C’est le financement le plus cher du marché grand public, et sa structure (capital reconstitué au fil des remboursements) encourage l’endettement chronique. Le découvert bancaire autorisé, souvent perçu comme anodin, coûte entre 7 et 16 % en taux débiteur (hors commission d’intervention si dépassement). Pour un besoin récurrent de 1 000 € sur 3 mois, le découvert revient plus cher qu’un prêt personnel classique. Le prêt personnel amortissable est structurellement le moins coûteux des trois : taux fixe, échéancier prévisible, remboursement anticipé gratuit sous 10 000 €/an. Si vous utilisez actuellement un découvert ou un crédit renouvelable pour financer un besoin identifié, le convertir en prêt personnel réduit le coût de financement de 30 à 60 % selon les montants.
Questions fréquentes
Peut-on obtenir un prêt personnel avec un fichage FICP ou FCC en cours ?
Un fichage au FICP (incidents de remboursement) ou au FCC (chèques impayés, interdits bancaires) rend l’obtention d’un prêt personnel classique quasi impossible auprès des banques et organismes traditionnels. Ces fichiers sont consultés systématiquement lors de l’instruction du dossier. Des solutions existent néanmoins dans des cas très spécifiques : le microcrédit social accompagné par une association agréée, le prêt sur gage via le Crédit Municipal, ou le prêt hypothécaire pour les propriétaires (taux plus élevé, entre 4,5 et 6,5 %, mais accessible malgré le fichage). La priorité avant toute nouvelle demande de crédit reste la régularisation de la situation ayant conduit au fichage.
Quelle est la durée optimale pour un prêt personnel pas cher ?
La durée la plus courte que votre budget mensuel peut absorber. Chaque mois supplémentaire augmente le coût total du crédit, même si la mensualité baisse. Sur un prêt de 10 000 € à 5 % de TAEG, passer de 36 à 60 mois fait grimper le coût total des intérêts d’environ 800 à 1 300 €. L’idéal se situe entre 24 et 48 mois pour la plupart des projets. Au-delà de 60 mois, le surcoût devient difficile à justifier sauf si la mensualité basse est indispensable pour rester sous le seuil de 35 % d’endettement. Dans ce cas, coupler une durée longue avec un remboursement anticipé progressif reste la stratégie la plus efficace.
Faut-il passer par un courtier pour un crédit à la consommation ?
Le courtage en crédit conso est moins répandu et moins avantageux qu’en crédit immobilier. La commission du courtier est intégrée au TAEG, ce qui peut paradoxalement augmenter le coût du prêt par rapport à une souscription directe. L’intérêt du courtier se justifie principalement pour les profils complexes (indépendants, revenus mixtes, dossier avec incidents passés régularisés) ou pour les montants élevés (au-delà de 30 000 €) où la négociation individuelle peut générer un écart significatif. Pour un prêt standard de 5 000 à 15 000 €, une comparaison directe auprès de 3 organismes ciblés produit généralement un résultat équivalent sans surcoût d’intermédiation.
Le rachat de crédit conso est-il intéressant quand les taux baissent ?
Le rachat de crédit consiste à regrouper un ou plusieurs crédits existants en un nouveau prêt, idéalement à un taux inférieur. L’opération n’est financièrement pertinente que si l’écart de taux est suffisant pour couvrir les frais de mise en place du nouveau crédit (frais de dossier, éventuelles indemnités de remboursement anticipé). En règle générale, un différentiel d’au moins 1,5 à 2 points de TAEG et un capital restant dû significatif (supérieur à 8 000 €) sont nécessaires pour que l’opération génère une économie nette. Si vous avez souscrit un prêt personnel entre 2023 et début 2025, période de taux plus élevés, un rachat de crédit mérite d’être simulé avec les conditions actuelles.
Le prêt personnel est-il adapté pour financer des travaux de rénovation énergétique ?
C’est rarement le meilleur choix. L’éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro) finance jusqu’à 50 000 € de travaux de rénovation énergétique à 0 % d’intérêt, sans condition de revenus. MaPrimeRénov’ peut compléter le financement sous forme de subvention. Si le montant des travaux dépasse ces enveloppes ou si vous n’êtes pas éligible, un crédit affecté « travaux de rénovation énergétique » bénéficie d’une bonification tarifaire de 67 points de base en moyenne par rapport à un prêt personnel classique. Le prêt personnel non affecté ne devrait intervenir qu’en dernier recours, pour couvrir un reste à charge que les dispositifs aidés et les crédits affectés ne couvrent pas.